Normalement, l'Agence ne reçoit pas plus de deux déclarations de cas par année. La recrudescence des cas préoccupe donc l'organisme au plus haut point. Tous les territoires de la Mauricie sont touchés, à l'exception de la région de La Tuque, explique la Dre Linda Milette, adjointe médicale au directeur de la Santé publique.
«L'hépatite B est une maladie à déclaration obligatoire. Ce qui nous inquiète, c'est que plusieurs personnes pourraient avoir contracté le virus sans le savoir, puisqu'une personne sur deux n'ont pas de symptômes au début de la maladie. D'autres fois, ça se présente comme une gastro-entérite, alors les gens ne consultent pas. Ils peuvent donc être contagieux pendant plusieurs mois sans le savoir, et l'hépatite B est un virus très contagieux, 100 fois plus que le VIH», explique la Dre Milette.
Tous les cas déclarés dans la dernière année sont des hommes de plus de 30 ans et plusieurs ont rapporté avoir eu une relation sexuelle non protégée avec un homme ou avec une travailleuse du sexe. C'est pourquoi la Direction de la Santé publique invite toutes les clientèles à risque à vérifier si leur vaccination est à jour et à se faire vacciner au besoin ou à demander un test de dépistage en contactant leur centre de santé et de service sociaux.
Les personnes plus à risque sont les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, les personnes qui ont des relations sexuelles avec des travailleurs ou travailleuses du sexe, les personnes qui ont plusieurs partenaires sexuels et les utilisateurs de drogues dures.
«Le virus peut être évité grâce à la vaccination en trois doses qui est offerte gratuitement aux personnes à risque. Par ailleurs, l'utilisation du condom lors de relations sexuelles est un moyen efficace pour éviter de contracter le virus», rappelle Dr Linda Milette.
Depuis 1994, la vaccination lors de la quatrième année du primaire est administrée. «Nous avions remarqué une baisse marquée des cas d'hépatite B grâce à cette vaccination universelle, spécialement chez les moins de 30 ans. Par contre, chez les plus de 30 ans, il y a eu un certain relâchement du port du condom, puisque les gens craignent moins le VIH depuis quelques années. Ça pourrait faire partie de l'explication», croit la Dre Milette.
Les personnes atteintes de l'hépatite B aiguë ont une chance sur vingt de développer l'hépatite B chronique, qui peut entraîner des séquelles à long terme comme la cirrhose ou le cancer du foie.