Ne connaissant pas tous les détails de cette histoire, elle assure qu'elle interpellera les responsables de l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour en savoir plus long au cours des prochaines heures.
La députée de Laviolette est d'autant plus préoccupée qu'une municipalité de son comté est directement touchée par cette décision. «Je viens d'apprendre que ces médecins déménageaient de Sainte-Thècle à Saint-Boniface», commente-t-elle. «Je vais rencontrer l'agence pour qu'on m'explique. Je ne sais pas comment peut-on autoriser ça.»
Mme Boulet veut connaître les vraies raisons de ce transfert, au-delà du fait que les deux médecins en question habitent àSaint-Boniface. À un endroit ou l'autre, le loyer était offert sans frais, fait-elle remarquer.
En 2010, la coop santé de Saint-Boniface devenait un satellite du groupe de médecine familiale de Saint-Étienne-des-Grès. Hier après-midi, Mme Boulet se demandait si ce facteur avait pu jouer dans la décision.
Le président de la Coopérative de solidarité santé deSaint-Boniface, André Caron, rejette toutefois cette hypothèse. Il précise que les deux médecins recrutées à Sainte-Thècle ne sont pas intéressées à intégrer la structure plus contraignante d'un GMF.
Cette association semblait prometteuse lorsqu'elle avait été annoncée en 2010.
L'an dernier toutefois, en constatant qu'aucun médecin du GMF de Saint-Étienne-des-Grès n'était intéressé à donner du temps à la coopérative de santé de Saint-Boniface, M. Caron s'est demandé quel moyen fallait-il prendre pour attirer ces professionnels.
L'idée d'une contribution annuelle des membres, qui avait été exclue depuis les premiers balbutiements de la coopérative en 2005, est alors apparue. Le conseil d'administration considérait qu'il s'agissait du meilleur moyen pour lutter à armes égales avec les autres coopératives pour attirer les médecins àSaint-Boniface.
La pharmacienne de profession souhaite néanmoins tirer cette affaire au clair. «Je n'ai rien contre le fait qu'elles aillent à Saint-Boniface», assure Mme Boulet.
«Tout le monde a besoin de médecins! C'est juste triste parce que ça pénalise une communauté. Nous sommes dans une région qui a encore besoin d'effectifs, qui n'a pas comblé tous les postes dont on aurait besoin. Alors, ça crée cet espèce de tiraillement. Les gens veulent tous avoir des médecins et tout le monde est prêt à offrir plus pour attirer les médecins chez eux.»
Mme Boulet compte également parler de cette délicatesituation au ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. «Il y a des questions à se poser», réfléchit-elle. «Je vais essayer de comprendre ce qui se passe, comment peut-on aider des gens de la MRC de Mékinac à pourvoir aux besoins de la communauté.»