Pyrrhotite: jusqu'aux oreilles de SNC-Lavalin

Les victimes de la pyrrhotite ont manifesté devant... (Photo: Vincent Gauthier)

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Les victimes de la pyrrhotite ont manifesté devant le Palais des congrès, à Montréal, au même moment où les actionnaires de SNC-Lavalin tenaient leur assemblée annuelle et extraordinaire des actionnaires.

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Le Nouvelliste

Le porte-parole de la Coalition Proprio-Béton, Yvon Boivin, a pu se faire entendre auprès des dirigeants et des actionnaires de la firme de renommée internationale SNC-Lavalin afin de leur exposer tous les malheurs causés par la pyrrhotite dans la région, jeudi, au Palais des congrès de Montréal.

Ayant lui-même acheté des actions de cette entreprise d'ingénierie et de construction, Yvon Boivin a donc pris la parole devant quelques centaines d'actionnaires, lors de la période de questions, dans l'espoir d'obtenir des explications de la part de l'état-major.

«Il y a environ 1200 personnes qui ont de la pyrrhotite dans leurs fondations. Ça coûte en moyenne 175 000 $ pour réparer ces fondations. Ceci met en péril la santé financière et psychologique de 1200 familles québécoises», a-t-il notamment expliqué.

En terminant son allocution, M. Boivin a demandé à la direction pourquoi les états financiers de l'entreprise ne reflétaient pas la poursuite visant SNC-Lavalin dans le procès de la pyrrhotite, et ne comprenaient donc pas une réserve d'urgence de 200 millions $.

Le porte-parole a également dit souhaiter que l'entreprise mandate ses avocats à contribuer à un règlement rapide à la hauteur des dommages subis par les victimes.

«Nous sommes convaincus que SNC-Lavalin fait partie de la solution. Nous sommes aussi convaincus qu'une telle action permettrait de redorer le blason de SNC-Lavalin souvent égratigné au cours des derniers mois», a-t-il déclaré.

Rappelons que SNC-Lavalin est pointée du doigt dans l'énorme recours collectif de la pyrrhotite. On soutient que c'est un géologue de l'entreprise québécoise, par l'entremise de la division Terratech, qui avait pourtant conclu que les granulats de la carrière B&B étaient de bonne qualité.

En février dernier, la Coalition avait interpellé les actionnaires une première fois avec la diffusion d'une lettre qui leur était adressée et qui avait été expédiée à tous les quotidiens francophones et anglophones du pays.

Réponse brève

Jeudi, après avoir exposé aux actionnaires et aux dirigeants de l'entreprise le fléau qui afflige la région, M. Boivin a obtenu une réponse assez succincte de la part du chef de la direction, Robert G. Card.

«Nous avons de l'empathie pour vous mais nous ne pouvons commenter davantage pour l'instant», a-t-il simplement mentionné, rappelant que le dossier se trouvait présentement devant les tribunaux.

Quelques questions d'actionnaires plus tard, M. Boivin est revenu à la charge avec les états financiers de SCN-Lavalin. Il a exprimé, qu'en tant qu'actionnaire, il s'attendait à être informé si l'entreprise devait débourser 200 millions $ à la suite du procès de la pyrrhotite. Encore là, il a obtenu une bien brève réponse de Gwyn Morgan, président sortant du conseil d'administration, en raison du processus judiciaire en cours.

Évidemment, malgré ce coup d'éclat, le porte-parole de la Coalition Proprio-Béton ne s'attendait pas à ressortir de l'assemblée avec un chèque en main. Il estime néanmoins que cette démarche peut avoir ouvert les yeux de nombreux actionnaires qui n'étaient probablement même pas au courant du dossier de la pyrrhotite.

«La majorité ne connaissait probablement pas le sujet. Le message est passé et on a vu des gens prendre des notes. Le président a mentionné qu'il nous avait entendus. Je pense qu'ils sont sensibles au drame qu'on vit et on a bon espoir que ça puisse faire débloquer le dossier», souhaite le porte-parole avant d'aborder la question de la communication avec les actionnaires.

«Ils veulent devenir un leader mondial en matière d'éthique alors qu'ils ne dévoilent pas à leurs actionnaires une des importantes poursuites en cour qui peut avoir un impact sur la valeur de l'action. C'est le genre d'information qui doit être divulguée», lance M. Boivin.

Également présent en tant que nouvel actionnaire, Jean Desaulniers, victime de la pyrrhotite, a même eu l'occasion de discuter brièvement avec le nouveau chef de direction, Robert G. Card.

«Il semble sensible à ce que vivent les victimes. Je lui ai expliqué que nous ne sommes pas une compagnie contre laquelle il se bat, mais plutôt des individus qui veulent simplement passer à autre chose et retrouver leur maison.»

Manifestation

Pendant ce temps, à l'extérieur du Palais des congrès, une quarantaine de victimes de la pyrrhotite ont manifesté, pancartes à la main, pour faire connaître l'ampleur de leur désastre. Supervisée par des agents de sécurité, la manifestation s'est déroulée dans le calme autour du Palais des congrès.

Présent dans la rue pour offrir son appui aux manifestants de la Coalition Proprio-Béton, le député fédéral Robert Aubin a tenu à saluer l'initiative des victimes qui s'est effectuée avec classe. «La démarche a été très respectueuse. On va continuer à travailler pour obtenir des résultats», a souligné M. Aubin, avant de rappeler que «le fédéral se traîne les pieds» dans le dossier.

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