De la pyrrhotite au Complexe sportif Alphonse-Desjardins

Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins n'est pas le premier... (Photo: Stéphane Lessard)

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Le Complexe sportif Alphonse-Desjardins n'est pas le premier édifice public à contenir de la pyrrhotite dans la région.

Photo: Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Yvon Lemire, a confirmé au Nouvelliste, hier, qu'il y a bel et bien de la pyrrhotite au Complexe sportif Alphonse-Desjardins. La Commission scolaire et la Ville de Trois-Rivières entendent d'ailleurs faire le point avec les médias, demain, à ce sujet.

«Je peux vous dire qu'il y en a», a confirmé M. Lemire, «mais avec quelle ampleur, à quel endroit et qu'est-ce qu'on va faire avec ça? Il est un peu trop tôt pour le dire. Jeudi (demain), on sera davantage dans une position pour vous donner de l'information plus pointue», dit-il.

La Commission scolaire, rappelons-le, est propriétaire des lieux tandis que la Ville de Trois-Rivières est locataire de l'édifice pour certaines activités.

Le maire Yves Lévesque explique que les détails ne sont pas encore tous connus. «On en sait pas mal, mais on est en train de ramasser tout ça pour voir exactement c'est quoi le problème et c'est quoi qu'on va faire», explique-t-il. «On commence à avoir des résultats», ajoute Yvon Lemire.

Plusieurs carottes ont été prises à divers endroits dans le CSAD, en janvier dernier, rappelle le maire. Un tel édifice ne se répare pas de la même manière qu'une résidence privée qui n'a qu'à être levée pour en changer les fondations. C'est donc à cause de la complexité de la suite de choses, que les autorités attendent à demain pour tenir une conférence de presse puisqu'il faut effectivement savoir comment on va s'y prendre pour régler le problème. «C'est pour ça qu'on ne fait pas trois conférences de presse. On va en faire une», dit le maire.

Le Nouvelliste a pu apprendre que les dégâts par la pyrrhotite sont déjà bien visibles à certains endroits du CSAD. On apprendra demain l'étendue exacte des dégâts et le plan de match nécessaire pour y remédier.

Rappelons que les trois phases de construction du Complexe sportif Alphonse-Desjardins ont été réalisées respectivement en 2002, 2007 et 2008, soit exactement dans la période où le granulat de la carrière B & B de Saint-Boniface, qui contenait de très hauts taux de pyrrhotite, était utilisé pour fabriquer du béton dans la région.

Dans une entrevue accordée au Nouvelliste en janvier, le directeur du CSAD, Jean-François Picard, indiquait qu'en cas de découverte de pyrrhotite, les travaux correctifs seraient non seulement complexes, mais auraient des conséquences sur les activités. Joint en soirée, M. Picard a préféré ne pas commenter la situation. Il a simplement indiqué que plus de détails seront rendus publics lors du point de presse.

Le Complexe Alphonse-Desjardins n'est pas le premier édifice public à contenir de la pyrrhotite dans la région.

«Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Il n'y en a pas juste dans les maisons», fait valoir le maire Lévesque.

La Coopérative des ambulanciers de la Mauricie (CAM), rappelons-le, fait partie des demandeurs inscrits au procès sur la pyrrhotite qui reprend d'ailleurs son cours aujourd'hui même au palais de justice de Trois-Rivières. La caserne des pompiers, voisine de la CAM, pourrait elle aussi écoper.

Notons que les victimes qui se sont déclarées après le début de ce procès devront attendre la tenue d'autres procédures pour espérer obtenir un quelconque déménagement. Jusqu'à présent, la pyrrhotite a été trouvée dans plus de 1000 résidences et une quinzaine de commerces de la région.

Plusieurs infrastructures du ministère des Transports ont été réparées avec du béton livré par Béton Boisvert et contenant de la pyrrhotite. Le cas le plus important, jusqu'à présent, est l'élargissement du pont de la rivière du Loup qui mène au centre-ville de Louiseville.

On sait maintenant que les cas de pyrrhotite peuvent remonter jusqu'en 1996 tandis que l'utilisation de l'agrégat fautif a cessé en 2008.

Ce drame a fait perdre plus de 2 millions $ en revenus de taxes à la Ville de Trois-Rivières et le décompte n'est pas terminé. Le maire Lévesque explique que la Ville a demandé un avis juridique afin de savoir si elle pourrait intenter des poursuites dans le but d'être dédommagée. Selon les recommandations de ses procureurs, il appert qu'elle ne pourra faire partie des demanderesses, du moins pas pour le volet pertes de taxes, puisqu'elle est victime par ricochet, résume le maire.

Les premiers cas de pyrrhotite signalés dans la région comprenaient notamment un mur du Grand Prix de Trois-Rivières, en 2002.

Un des témoins experts de la cour, Marc-André Bérubé, retraité du Département de géologie et de génie géologique de l'Université Laval, a indiqué dans un rapport que les cas de pyrrhotite pourraient continuer à se manifester jusqu'en 2020 dans la région et même plus tard et que les dégâts surviendront dans les fondations dont le granulat contient aussi peu que 0,30 % de pyrrhotite.

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