Pyrrhotite: le juge dit non à SNC-Lavalin

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Le mégaprocès sur la pyrrhotite se poursuit à Trois-Rivières.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le juge Michel Richard a rejeté la requête de SNC-Lavalin en vue d'obtenir des carottes de béton prises dans des fondations de maisons contenant de la pyrrhotite afin de les expédier dans un de ses laboratoires aux États-Unis pour procéder à des tests qui auraient détruit ces échantillons.

Le juge Richard croit que la demande de SNC, survenue deux mois après le début du procès, arrive trop tard, mais surtout, il estime que la firme n'a pas su faire la démonstration de la nécessité de sa requête.

«À ce stade-ci du procès, on ne peut permettre la production d'un document qui pourrait peut-être être utile sans autre précision», fait valoir le juge dans un jugement de cinq pages rendu hier.

Le juge rappelle que «les experts seront entendus dans un seul bloc au mois de mars prochain». Les procureurs de la partie défenderesse avaient plaidé que le temps était trop court maintenant pour qu'ils puissent vérifier les résultats de SNC.

Les carottes convoitées par SNC ne font pas partie des échantillons prélevés à frais partagés par le groupe d'experts dont s'est dissociée d'ailleurs SNC le 16 août 2011. Les carottes en question ont été payées par l'entreprise SIMCO.

«SNC-Lavalin, qui a répondu au rapport SIMCO un an après la production de cette expertise, a eu amplement le temps, depuis novembre 2011, de procéder aux vérifications qu'elle souhaite réaliser maintenant», fait valoir le juge Richard.

Le porte-parole de la Coalition Proprio-Béton, Yvon Boivin, estime que c'est «une sage et honnête décision du juge Richard».

«Notre commentaire est à l'effet que nous pensons que SNC-Lavalin, qui est un joueur majeur en ingénierie au niveau international, devrait enfin admettre sa lourde part de responsabilité dans le dossier. Ils devraient cesser de jouer à l'autruche et faire en sorte, en admettant leur responsabilité, que les gens puissent enfin réparer leur maison et passer à autre chose. La preuve est accablante et là, ils tentent par tous les moyens de gagner du temps, de nous rendre à bout de souffle. On trouve que c'est une stratégie qui est un peu déloyale dans un contexte de crise comme on vit là. Ce n'est pas entre deux entreprises que ça se passe. Ce sont des êtres humains, ce sont des familles qui sont victimes», fait-il valoir.

La responsabilité de SNC, dans ce dossier, est d'une «importance majeure», dit-il. «Ce sont eux qui étaient en amont du processus. Ce sont des experts qui conseillaient les entreprises d'utiliser ou pas cette pierre-là», explique le porte-parole de la Coalition.

«On comprend que les entrepreneurs disent qu'ils n'étaient pas au fait. Mais il y a toujours bien quelqu'un quelque part qui le savait», plaide-t-il.

D'ailleurs, une dizaine d'autres entrepreneurs en construction sont venus témoigner, hier, à l'effet qu'ils n'ont jamais été avisés, ni par Construction Yvan Boisvert (d'où provenait le béton fautif) ni par d'autres moyens, si ce n'est quelques reportages dans les médias, à l'effet que des agrégats utilisés dans certains bétons contenaient une pierre gonflante pouvant faire fissurer les fondations.

Dans certains cas, la situation a eu des conséquences graves. Le contracteur Alain Boisvert (sans lien de parenté avec Yvan Boisvert) de Saint-Étienne-des-Grès compte sept maisons qui sont inscrites dans la présente poursuite. Les mises en demeure qu'il a reçues l'ont obligé à fermer son entreprise. «La caisse a coupé dans mes marges de crédit», a-t-il dit à la cour.

Il y a des cas où les entreprises de béton ont eu occasionnellement recours à Béton Laurentide pour combler une commande et malheureusement, bien que leur béton était bon, celui de Béton Laurentide contenait de la pyrrhotite.

C'est arrivé à Dave Plante, un entrepreneur de Saint-Alexis-des-Monts, qui prenait la majorité de son béton chez Béton Bellemare de Louiseville dont il était toujours satisfait, mais à une occasion, Bellemare a fait venir deux voyages de Béton Laurentide pour compléter le tiers d'un ouvrage, celui d'une maison construite par M. Plante, la seule propriété visée par le procès dans toutes celles qu'il a construites.

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