Pyrrhotite: pas encore au bout de leurs peines

Raymonde Delisle, Jacques Rheault de SOS Pyrrhotite et... (Photo: François Gervais)

Agrandir

Raymonde Delisle, Jacques Rheault de SOS Pyrrhotite et Lilianne Fréchette.

Photo: François Gervais

Partager

Sur le même thème

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

On se souviendra de Raymonde Delisle et Liliane Fréchette, ces deux dames âgées qui ont failli se retrouver à la rue lorsqu'il a fallu soulever leur condo pour réparer un problème de pyrrhotite.

Les tuyaux de ventilation des salles de bain... (Photo: François Gervais) - image 1.0

Agrandir

Les tuyaux de ventilation des salles de bain sortent par les ventilateurs de toiture.

Photo: François Gervais

Après avoir été accueillies à bras ouverts aux Jardins Laviolette pendant trois mois, le temps des travaux, c'est avec bonheur qu'elles ont retrouvé leur intimité, chacune chez elle, il y a quelques jours. Elles sont allées rendre les clefs de leurs appartements temporaires mercredi, très reconnaissantes envers les Jardins Laviolette et la compagnie Chartwell de les avoir tirées du pétrin.

Leur édifice à condos repose maintenant sur des fondations toutes neuves.

Mais là s'arrêtent les réjouissances.

Depuis quelques jours, en effet, un représentant de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ veut leur faire signer un papier attestant que les travaux sont terminés, à défaut de quoi, il les menace de les traîner en arbitrage.

Or, les travaux ne sont pas terminés et les deux dames de71 et 80 ans refusent de signer quoi que ce soit.

C'est que l'immeuble sous garantie n'avait pas que des problèmes de pyrrhotite. Il comporte plusieurs vices de construction qui doivent être réparés dès que possible par la GMN de l'APCHQ.

Parmi ces problèmes, le constructeur avait fait sortir les évents des salles de bain directement dans les ventilateurs de toit dont le rôle unique devrait être d'assurer une circulation d'air appropriée dans les combles.

Les effets de la mauvaise ventilation commencent d'ailleurs déjà à se faire sentir. Les panneaux à lamelles orientées (osb) qui recouvrent les fermes de toit sont en train de se désagréger et les morceaux tombent sur la laine minérale. Les fermes de toit elles-mêmes ont été mal posées et font en sorte que le toit n'est pas assez rigide. Ces défauts sont reconnus par écrit par la GMN de l'APCHQ, mais personne ne sait si ou quand ils seront réparés.

«Ça fait un mois qu'on essaie de joindre le responsable à l'APCHQ, mais on n'est pas capable de lui parler. Il paraît qu'il est en congé de maladie, ce n'est pas clair. Ce monsieur a mandaté quelqu'un pour s'occuper du dossier de ces dames, en octobre dernier, mais le délégué n'avait pas les documents en main quand je suis allé le rencontrer. J'ai dû lui faire photocopier les miens», raconte Jacques Rheault, de l'organisme SOS Pyrrhotite qui vient en aide aux deux dames âgées. «C'est inacceptable», dit-il.

Mme Delisle remercie le ciel d'avoir le soutien deSOS Pyrrhotite et de la Coalition Proprio Béton. «S'ils n'avaient pas été là, on se serait fait avoir pas à peu près», raconte-t-elle.

En effet, la liste des travaux à refaire chez elle comportait des erreurs. Il était mentionné, notamment, que du plancher flottant allait à tel endroit alors que le matériau d'origine était du plancher de bois franc, raconte Mme Delisle en guise d'exemple.

Jeudi, le représentant de la GMN est passé chez elle pour tenter de lui faire signer un document reconnaissant que les travaux sont terminés. Mais pas question pour elle de signer tant que le toit ne sera pas réparé. Même chose pour son voisin d'en haut, Luc Magny, car c'est par son plafond à lui que des ouvriers devront éventuellement circuler pour aller faire les réparations.

SOS Pyrrhotite estime qu'il doit être écrit noir sur blanc que ces travaux seront faits,la date à laquelle ils le seront, de même que ce qui arrivera si des bris surviennent lors de leur exécution.

Et puis les travaux ne sont pas vraiment finis, estime Raymonde Delisle. Les portes d'armoires ont été mal posées et frottent les unes sur les autres. Les cales ayant servi à mettre son bain au niveau sont toujours bien visibles et il manque du calfeutrage dans sa douche.

Les quatre balcons des condos ont été dotés d'une pente inversée si bien que l'eau de pluie refoule vers le bâtiment au lieu d'être évacuée. Autant d'irritants pour les propriétaires qui n'en peuvent plus de vivre ce genre de problème.

Fondations et toitures sont deux dossiers séparés

Le porte-parole de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ, Ronald Ouimet, explique que dans le cas de Mmes Liliane Fréchette et Raymonde Delisle, la couverture de la Garantie touche deux éléments distincts, soit l'aspect pyrrhotite au niveau des fondations (incluant la finition intérieure) et l'aspect toiture.

«Les réceptions de travaux qui étaient demandées (aux deux dames et aux deux autres copropriétaires), c'était sur ces deux aspects-là», explique-t-il.

«Ils ont été hésitant à signer l'aspect finition des travaux de fondations parce que la toiture n'était toujours pas faite», reconnaît-il.

«Mais l'intention était de faire recevoir les travaux pour la finition des fondations, la remise en état», précise-t-il.

«On n'a pas eu l'intention de faire signer une réception pour l'aspect toiture parce que ce n'est toujours pas exécuté. On est à l'étape d'obtenir une soumission.» «Il y a peut-être eu un malentendu», analyse-t-il.

Si certains éléments de finition ne sont pas terminés encore, «les gens peuvent recevoir les travaux, mais avec des réserves», explique M. Ouimet. «Les gens s'imaginent que la réception signifie que tout doit être complété», mais ce n'est pas le cas. «Cela est expliqué dans la pochette d'information remise aux propriétaires», ajoute-t-il.

Si le responsable de l'APCHQ a été difficile à joindre par SOS Pyrrotite, c'est qu'il est en congé de maladie, explique M. Ouimet. Ce dernier se dit surpris que son remplaçant n'ait pas retourné les appels.

M. Ouimet se dit aussi très surpris de se faire dire que le responsable délégué pour surveiller les travaux dans l'édifice à condo de Mmes Delisle et Fréchette n'avait pas leur dossier en sa possession en octobre. Pourtant, «il suit tous les travaux et fait ses rapports hebdomadaires», plaide-t-il.

L'aspect toiture sera évaluée la semaine prochaine, dit-il.

La GMN comporte une limite de garantie et tout laisse croire actuellement dans ce dossier que cette limite sera dépassée. Les propriétaires auront peut-être un nouveau casse-tête, financier cette fois.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer