La pyrrhotite: un drame humain et économique

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La pyrrhotite qui affecte des centaines de maisons entraîne des réparations longues, coûteuses et difficiles à vivre pour les propriétaires.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est une des plus grosses catastrophes de l'histoire de la construction au Canada. La pyrrhotite, une pierre qui gonfle au contact de l'eau et de l'air, oblige, depuis 2010, la reconstruction des fondations de plus de 1000 maisons, en Mauricie et au Centre-du-Québec et affecte une quinzaine de commerces.

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Une des premières maisons réparées, en 2002.

Le drame, à la fois humain et économique, fera l'objet d'un procès de 54 jours réparti sur environ 6 mois à partir de demain, au palais de justice de Trois-Rivières.

Dans certains cas, la pyrrhotite a créé des fissures apparentes dès les premières années de construction des maisons. Les propriétaires «chanceux dans leur malchance» qui ont pu bénéficier d'une garantie de bâtiment résidentiel neuf, dans les circonstances, sont au nombre de 750. Malheureusement, la garantieest loin de couvrir toutes les pertes.

Les autres victimes doivent attendre l'issue du procès pour espérer récupérer le montant exorbitant qu'il faut injecter pour réparer les dégâts: en moyenne 148 789 $ par maison, selon les évaluations soumises à la cour.

Ce n'est pas la première fois que la région est touchée par la pyrrhotite.

Une première vague avait frappé, en 1999: une trentaine de fondations contenant de la pyrite, mais aussi de la pyrrhotite avaient été désignées. La présence de pyrrhotite n'avait pas été rendue publique, à ce moment-là, puisque les cas avaient été réglés hors cour.

Or, le mot «pyrrhotite» était mentionné dans tous les rapports d'ingénieurs et de laboratoires de la première vague.

Il a fallu attendre que de nouveaux cas fassent la manchette, en 2010, pour que cette information soit mise à jour.

«Depuis 1999, c'est le même problème», avait expliqué l'avocat de la majorité des victimes, dans cette affaire, Me Pierre Soucy, dans une entrevue accordée au Nouvelliste en février 2010.

Ce «même problème» est à l'origine d'une saga des plus pathétiques qui s'est amorcée en 2010.

Pour chaque maison, la durée des travaux varie entre 3 et 6 mois au cours desquels les victimes doivent vivre au beau milieu d'un chantier, dans le fouillis le plus total.

Même pour l'industrie, il faut s'adapter à l'ampleur des travaux. Les victimes ont en effet signé, en 2002, une pétition dénonçant les pressions, l'intimidation, le manque de communication et le manque de respect dont elles font l'objet de la part des intervenants de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ. La situation sera corrigée rapidement par la suite.

Les victimes éprouvent le besoin d'unir leurs forces et forment rapidement la Coalition Proprio-Béton.

Cette année-là, on croyait que les bâtiments affectés avaient été construits seulement entre 2004 et 2006. Or, on a fini par trouver des cas en 2007 aussi.

La Coalition se frottera à plusieurs reprises à la GMN del'APCHQ, notamment en juillet 2010, alors que l'organisme imposait une pénalité de 10 000 $ à tout entrepreneur qui acceptait de parler aux médias, une pratique qui a été abandonnée après sa mise au jour.

La ministre libérale du Travail, Lise Thériault, a fait quelques visites à Trois-Rivières pour constater l'ampleur de la catastrophe.

En juin 2011, elle annonce un programme d'aide de 20 millions $ pour venir en aide aux victimes.

La pyrrhotite aura un impact de 68 millions $ sur le rôle d'évaluation de la Ville de Trois-Rivières puisque les maisons touchées ne valent plus rien sur le marché.

En octobre 2011, la Coalition Proprio-Béton claque la porte du sous-comité mis en place par la Régie du bâtiment du Québec pour résoudre les divers problèmes reliés au dossier de la pyrrhotite.

Des échanges improductifs, des discussions qui n'aboutissent pas en solutions concrètes et le non-respect des engagements pris par la GMN de l'APCHQ sontles motifs invoqués par la Coalition.

En octobre 2011, la ministre Thériault dépose son projet de loi 35 visant à prévenir des pratiques frauduleuses dans la construction, projet deloi qui englobe les plans de garantie.

Le procès est attendu de pied ferme par les victimes, mais ce qui est tout aussi attendu, depuis deux ans, tant par les victimes que les contracteurs, c'est l'arrivée d'une nouvelle norme sur le pourcentage de pyrite et de pyrrhotite pouvant être présent dans le béton sans affecter la vie utile de ce dernier.

La pyrrhotite en bref

Déclaration des premiers cas en 2002

> 1017 cas résidentiels

> 15 cas commerciaux

> Dommages de 45,3 millions $ pour les maisons unifamiliales

> 24,3 millions $ pour les jumelés

> 15,3 millions $ pour les édifices à 3 logements et plus

> Moyenne des dommages de 148 789 $ par habitation

> Première vague de pyrrhotite en 1999

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