Des fissures dans des fondations refaites

Quatre-vingt nouvelles maisons seront réparées cet été par... (Photo: François Gervais)

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Quatre-vingt nouvelles maisons seront réparées cet été par la GMN de l'APCHQ.

Photo: François Gervais

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Environ une douzaine de propriétaires, dont les fondations contenant de la pyrrhotite ont été refaites à neuf en 2011, ont eu la mauvaise surprise de voir apparaître de nouvelles fissures après la fonte des neiges, ce printemps.

Les fissures en question sont apparues sur le crépi, laissant croire qu'un nouveau problème se prépare pour leur maison.

La Garantie des maisons neuves de l'APCHQ et la Coalition Proprio-Béton sont toutes deux d'accord pour dire que le coupable, cette fois, n'est pas la pyrrhotite.

La Coalition veut savoir ce qui se passe et demande à la Régie du bâtiment de faire intervenir un expert indépendant afin de permettre aux victimes d'y voir plus clair.

Selon Ronald Ouimet, porte-parole de la Garantie des maisons neuves de l'APCHQ dans ce dossier, il s'agit de fissures de retrait pouvant être facilement réparées à l'aide d'une simple couche de béton sans retrait appliquée sous la couche de crépi.

La cause de l'apparition de ces fissures, dit-il, semble provenir de la technique de levage des bâtiments.

«Vous avez la structure de bois qui est sur la fondation de béton. On doit soulever la structure de bois avec des poutres. Une fois que la structure est soulevée, la fondation est reconstruite. Et lorsqu'on descend la structure de bois, il y a des espaces dans la nouvelle fondation pour permettre que les poutres puissent s'imbriquer. Une fois la structure descendue, les poutres sont retirées et les espaces qui permettaient l'insertion des poutres sont comblés par du nouveau béton», explique M. Ouimet.

Or c'est le joint froid laissé par cette opération, dit-il, qui fait fissurer le crépi.

La GMN explique qu'elle demandera désormais aux entrepreneurs de recouvrir ce joint à l'aide de béton sans retrait avant d'appliquer le crépi, ce qui réglera le problème, estime M. Ouimet.

«Si tel est le cas, on va demander à la GMN de défaire tous ces crépis et de les réparer convenablement», réplique le porte-parole des victimes, Yvon Boivin, qui se demande comment il se fait que la GMN de l'APCHQ n'a pas pensé à ça alors qu'une telle situation n'est pas survenue dans les bâtiments garantis par Qualité Habitation.

La Coalition Proprio-Béton a demandé à la Régie du bâtiment du Québec d'envoyer un inspecteur indépendant à plein temps sur les chantiers de la GMN. «On veut aussi qu'un expert se penche sur cette question», demande M. Boivin.

La responsable des communications à la Régie du bâtiment du Québec, Marjolaine Veillette, explique que la RBQ a bien reçu la demande de la part de la Coalition à ce sujet et s'affaire pour l'instant à analyser cette dernière.

La Coalition se demande si le phénomène pourrait être causé par le produit employé par la GMN pour accélérer le mûrissement du béton afin de pouvoir reposer les maisons plus vite sur les nouvelles fondations.

La GMN explique que ce produit de mûrissement fait partie du cahier de charges imposé à l'entrepreneur et sert au contraire à prévenir les fissures de retrait.

M. Ouimet assure que les fissures ne peuvent être causées par la réinstallation trop rapide du bâtiment sur les nouvelles fondations. «On emploie du béton de 25 MPA (mesure indiquant la résistance à la compression). Dans les maisons neuves, la norme exige 15 MPA», dit-il. Les maisons ne sont reposées sur leur fondation qu'après 6 ou 7 jours, un délais suffisant pour que le béton ait déjà atteint une résistance de 15 MPA.

Mais la Coalition s'inquiète justement du facteur rapidité dans les chantiers. Cette année, les entrepreneurs qui termineront un bâtiment dans un délai de 9 semaines auront droit à une prime à la performance de 1000 $ par bâtiment. Le délai maximum autorisé est de 15 semaines après quoi une pénalité de 1000 $ par semaine sera retranchée à l'entrepreneur.

La Coalition veut faire retirer cette «prime de vitesse».

«On va faire une rencontre pour dire aux gens de ne rien signer. On ne veut pas que les entrepreneurs aient des primes à la vitesse», explique M. Boivin, qui craint que la qualité des travaux en souffre.

> 80 bâtiments seront réparés cet été

> 200 bâtiments ont été réparés jusqu'à maintenant

> Il reste environ 200 bâtiments à réparer

> Le chantier de la GMN durera encore 3 ans

> La capacité du marché ne permet pas de réparer plus 80 à 100 bâtiments par année

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