Djemila Benhabib un an plus tard: promesse tenue

L'ancienne candidate péquiste Djemila Benhabib ne regrette rien... (Photo: Sylvain Mayer)

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L'ancienne candidate péquiste Djemila Benhabib ne regrette rien de son expérience politique, ni du choix de Trois-Rivières, mais elle ne sait pas encore si elle se représentera pour une seconde fois.

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(Trois-Rivières) Août 2012, élue ou non, elle promettait de s'établir à Trois-Rivières avec sa petite famille. Promesse tenue, un an plus tard, Djemila Benhabib s'est bel et bien installée en Mauricie avec son conjoint et sa fille. Retour sur un passage en politique fort mouvementé pour l'ancienne candidate péquiste dans Trois-Rivières.

Depuis décembre dernier, Djemila Benhabib, connue pour ses positions contre l'islam politique et le port du voile islamique, est devenue officiellement Trifluvienne d'adoption. Déménagée en pleine tempête hivernale, la journaliste et ancienne fonctionnaire au sein du gouvernement fédéral affirme que son intégration dans la cité de Laviolette s'est très bien déroulée, autant pour sa fille Frida-Paloma qui a terminé sa première année du primaire, que pour son conjoint Gilles Toupin.

«Elle a fait son premier trimestre dans une école à Gatineau, et le deuxième et le troisième ici. On avait peur de changer sa routine, mais finalement ça s'est très bien passé. Elle a pu se faire des amis grâce à l'école. On a eu cette chance d'avoir un très bon accueil de la part de l'école», raconte Mme Benhabib.

Quant à son conjoint qui se fait appeler M. Benhabib, il a trouvé son bonheur sur les terrains de golf.

«Je l'ai perdu sur les terrains de golf, mais on se voit de temps en temps», dit-elle en rigolant. Lorsque celui-ci est interrogé par ses nouveaux partenaires de golf sur la raison de son déménagement à Trois-Rivières, il répond que c'est en raison d'une promesse électorale de sa femme. Une situation qui amuse Mme Benhabib.

Si la militante pour la laïcité vit actuellement une intégration sans anicroche dans sa nouvelle communauté, ses débuts en sol trifluvien ont été quelque peu mouvementés lors des dernières élections québécoises. L'épisode du débat sur la place du crucifix à l'Assemblée nationale est évoqué par Mme Benhabib comme le moment le plus difficile de la campagne électorale. Ce fut particulièrement un défi sur le plan humain, souligne-t-elle, pour adopter la bonne attitude afin d'éviter que la campagne dérape trop. Elle soutient que ses propos sur le crucifix ont été dénaturés.

«J'étais rendue celle qui voulait décrocher le crucifix. Ce n'est pas ce que j'ai dit. Ma pensée est beaucoup plus complexe, affirme Mme Benhabib. (...) C'est comme une loupe une campagne électorale, donc la moindre pacotille peut devenir un enjeu. En fait, on perd de la rationalité, on est à fleur de peau et on essaie de mousser». Elle reproche aussi aux titres de journaux d'avoir parfois porté à confusion même si les articles des journalistes étaient nuancés sur sa pensée.

Les commentaires virulents qui s'en sont suivi du maire de Saguenay, Jean Tremblay, sur l'origine algérienne de l'ancienne candidate du Parti québécois fut aussi un moment peu agréable de la campagne, tout comme le voxpop fait par Radio-Canada lors de l'annonce de sa candidature où les citoyens interrogés ont tenu des propos racistes à son égard. Selon elle, c'était une caricature puisqu'elle n'a jamais entendu de tels commentaires provenant des citoyens au moment de sa campagne.

Malgré ces épisodes de turbulence, Djemila Benhabib ne regrette rien de son expérience politique, ni du choix de Trois-Rivières. La rencontre avec les citoyens a été enrichissante. Celle qui a perdu par 1000 voix se représentera-t-elle aux prochaines élections? Elle ne le sait pas encore. Sa décision sera prise, notamment, à la lumière du bilan du gouvernement du Parti québécois, qu'elle juge jusqu'à maintenant difficile compte tenu du contexte minoritaire et de certaines décisions précipitées.

La fermeture de Gentilly-2 en est un exemple. «Autant j'ai salué (au mois d'octobre) la décision parce que j'étais consciente des enjeux, mais autant j'ai trouvé que la façon dont la décision a été prise et comment elle a été présentée à la population ont été mal faits», affirme-t-elle.

Prêcher dans le désert?

La récipiendaire du Prix international de laïcité ne croit pas que ses combats contre l'islam politique et pour la laïcité interpellent peu la population trifluvienne.

«Le jour où je suis allée visiter l'exposition (sur le voile islamique) du Musée des religions, j'étais entourée d'une quinzaine de femmes de la région toutes impliquées. Certaines d'entre elles ont écrit une lettre ouverte par la suite. Lorsque j'ouvre Le Nouvelliste, je n'ai pas le sentiment de prêcher dans le vide. Il y a de plus en plus de gens qui écrivent sur ces sujets et qui disent leur rejet du voile islamique», donne-t-elle en exemple.

Preuve que les questions de laïcité et d'accommodements raisonnables intéressent des gens de la région, Mme Benhabib offrira, dès septembre, un cours sur la géopolitique à l'Université du troisième âge (UTA) de l'UQTR. Il sera question de laïcité, d'accommodements religieux, de différents modèles d'intégration et politiques européens. C'est une dame qu'elle a rencontrée chez son coiffeur qui lui a suggéré de proposer un cours à l'UTA. La proposition de Mme Benhabib a été rapidement acceptée par l'UQTR.

Tout juste avant de commencer son enseignement, la récipiendaire du Prix de littérature Gérald-Godin se rendra en Afghanistan à la fin du mois d'août pour aller à la rencontre des Afghanes afin d'analyser l'impact de la présence de l'OTAN sur la condition féminine dans ce pays.

Cette visite débouchera sur un livre dont sa sortie est prévue pour mars 2014

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