«C'est insultant pour la région»

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Yves Lévesque

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Bien plus que de la déception, il y a dans les réactions des maires de Trois-Rivières et de Shawinigan un mélange de colère, d'incrédulité et d'incompréhension quant à la nomination d'un ministre de la rive sud de Montréal comme responsable de la Mauricie.

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

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«C'est insultant pour la région. C'est comme un désaveu pour les deux personnes du Parti québécois qui ont été élues dans notre région. Ils sont passés à travers cette élection-là et aujourd'hui, c'est comme si on leur disait que ce sont des incompétents», tonne Yves Lévesque, encore secoué de voir Noëlla Champagne et Luc Trudel écartés du conseil des ministres.

Le maire de Trois-Rivières estime qu'on vient d'écrire une triste page de l'histoire de la région, qui a toujours - à quelques courtes exceptions près - été représentée au conseil des ministres provincial. «Pour nous, c'est désolant. Et ça l'est encore plus pour Noëlla et pour Luc. Ce sont de bons députés, il n'y a pas de doute là-dessus. Mais ç'aurait pris un ministre, ne serait-ce que pour avoir accès aux autres ministres ou à la première ministre», insiste Yves Lévesque. Selon lui, les canaux de communications avec les décideurs sont toujours plus efficaces quand un député de la région siège autour de Pauline Marois.

Son homologue de Shawinigan, Michel Angers, ne cache pas une certaine amertume face aux choix faits par la première ministre. «Je suis profondément déçu de la décision de Pauline Marois. Et j'insiste sur le mot profondément», a-t-il répondu lorsque joint par Le Nouvelliste hier.

«Dans le contexte économique actuel, la Mauricie a plus que jamais besoin d'avoir une bonne écoute de la part du gouvernement et on sait que ça, ça passe par un ou une ministre qui connaît bien les dossiers et les intervenants de la région», explique le maire Angers. Il estime que la Mauricie, particulièrement ses deux principales villes, sont en pleine reconversion économique. Plusieurs incertitudes planent encore au-dessus de la région et il reste, selon lui, beaucoup de travail à faire pour réorienter l'économie régionale.

La décision de nommer Bernard Drainville responsable de la Mauricie le laisse perplexe. «On avait deux candidats élus qui ont les compétences pour être ministres. Ils ont une bonne connaissance de la région, des enjeux et des défis. Aussi compétent que pourra être M. Drainville, ses priorités sont d'abord son comté et son ministère. S'il reste du temps, il s'occupera de la région dont il est responsable», déplore-t-il. Selon Michel Angers, la proximité est un critère essentiel pour créer un lien efficace avec le ministre responsable de la région.

Pour Yves Lévesque, la désignation d'un ministre parrain aurait pu être justifiée si la région était totalement orpheline. «Mais ce n'est pas le cas! On a une situation où il y a plus d'un député sur deux qui est nommé ministre ou adjoint parlementaire. Ce n'est pas comme si on était en présence d'un cabinet de vingt ministres choisis dans un bassin de 80 députés», déplore-t-il. «Moi, c'est sûr que je ne suis pas content. Mais il faut abdiquer. J'abdique en espérant que la personne qui vient d'être nommée là sera à l'écoute de nos besoins», ajoute le maire.

Le maire de Trois-Rivières dit ne pas connaître personnellement Bernard Drainville et affirme, du bout des lèvres, qu'il a hâte de le rencontrer. «J'espère qu'il va avoir du temps à nous consacrer. On n'a pas le choix, on va vivre avec. Au moins c'est une personne crédible, qui peut être un bon porte-parole pour la région. Mais le lien de proximité n'est pas là», déplore Yves Lévesque.

Les deux élus considèrent que de la part d'un gouvernement minoritaire, la désignation d'un ministre extérieur à la région envoie un bien mauvais message. «La première ministre aurait pu montrer qu'elle essaie de satisfaire les attentes de la région», note Michel Angers.

Lui et Yves Lévesque sont convaincus que les députés Noëlla Champagne et Luc Trudel feront ce qu'il faut pour défendre les dossiers des deux villes et de la région du mieux qu'ils pourront. Mais tout aurait été tellement plus simple si l'un d'eux avait été nommé ministre, concluent-ils.

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