Journée mémorable pour les deux élus péquistes de la région

Les deux députés péquistes de la région, Noëlla... (Photo: Le Soleil)

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Les deux députés péquistes de la région, Noëlla Champagne et Luc Trudel, ont vécu des moment émouvants, hier, lors de la cérémonie d'assermentation des 54 députés du Parti québécois.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «C'est toujours aussi impressionnant d'une fois à l'autre. On a de petits battements de coeur et la main tremble un peu. On sent toujours l'émotion dans la voix parce qu'on est devant nos pairs et nos familles.»

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Luc Trudel

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C'est ainsi que Noëlla Champagne, députée de Champlain, décrivait son troisième passage au Salon rouge, hier après-midi, alors qu'en compagnie de ses 53 collègues, elle prêtait serment au peuple québécois et à la reine Élisabeth en tant que membre du nouveau gouvernement péquiste minoritaire.

La députée assure avoir vraiment goûté chaque minute de cette journée historique qui voyait une première femme occuper la plus haute fonction du Québec. «Oui, ça fait une différence, affirme-t-elle. Bien sûr qu'on le sentait. Je regardais Claude (son mari) et je sentais son émotion. Ça ne trompe pas cette fierté qu'il avait lui aussi. Je la voyais également dans les yeux de mon conjoint Gilbert Menier et de ma petite-fille, Lanka.»

Le serment prêté par les députés prenait aussi un sens particulier compte tenu des événements de la dernière année. «Disons que l'attente envers nous est grande et qu'on a placé la barre très haute, admet Mme Champagne. En retour, les gens s'attendent à ce qu'on livre la marchandise en matière d'honnêteté et d'intégrité.»

Selon Mme Champagne, un ministre ne peut se contenter de regarder son ministère de loin. «Les gens qui vont assumer ces fonctions ministérielles susciteront beaucoup d'attentes parce que nous avons exigé beaucoup. Nous sommes des humains, mais j'espère qu'on prendra acte de ce qui a été fait et bien fait.

J'espère qu'on aura cette sagesse-là de ne pas vouloir tout transformer du jour au lendemain. Il y a quand même beaucoup de projets de lois que nous avons appuyés, qu'on a bonifiés. J'espère qu'il y aura d'heureuses conséquences au travail que l'on a fait. Dans mon cas, j'ai siégé sur trop de commissions parlementaires, soumis trop d'amendements à des lois, pour trouver demain matin que tout est mauvais.»

Comme tous ses collègues, Mme Champagne sera de retour à Québec demain. A-t-elle eu un appel? «Si c'était le cas je ne le vous dirais pas, répond-elle vivement. La chef doit avoir les mains libres et les coudées franches... elle sait lire comme nous», ne peut-elle s'empêcher d'ajouter, en référence aux nombreux articles écrits sur son accession souhaitée par la région au cabinet des ministres.

La députée a aussi pris soin de préciser que la gestion de la représentativité des régions dans un cabinet était très complexe. «On a vu des comtés qui, pour des raisons techniques, n'ont pu avoir de ministre de la région-même, et que d'autres ont eu un ministre «responsable de» «, précise-t-elle, comme pour calmer un peu les attentes de la Mauricie. «Je sais que Mme Marois travaille là-dessus et que les messages vont se rendre en temps et lieu. Mais même si je le savais, je ne parlerais pas.»

Luc Trudel

Pour sa part, le nouveau député de Saint-Maurice, Luc Trudel, se remettait tout juste de ses émotions lorsque rejoint par Le Nouvelliste. Bien que familier du parlement, il s'est dit très impressionné par tout le décorum dont on entoure la prestation de serment des députés.

C'est accompagné de son épouse et de ses trois enfants mais aussi de sa mère et de quelques autres proches qu'il a profité de cette journée très spéciale pour lui et historique pour le Québec. «Ça va mieux là. Ça s'est bien passé. J'ai bien contenu ma joie et mon enthousiasme», blague le député réputé pour sa nature nerveuse.

M. Trudel avoue que le moment le plus fort fut de gagner son élection, mais qu'il a bien senti la solennité du moment hier, en entrant dans la Maison du peuple. «J'avais aussi la grande fierté avec les 53 autres députés, d'avoir porté au pouvoir la première femme première ministre du Québec. Le bref discours de Mme Marois a bien résumé nos aspirations, celles qu'on a portées pendant la campagne.»

M. Trudel affirme ne pas avoir d'attentes particulières pour demain et se dit très heureux d'être «simple» député de Saint-Maurice. «Moi, mercredi, je m'attends... à avoir un bon conseil des ministres», résume-t-il en riant.

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