Julie Boulet refuse de participer à un débat

La députée sortante de Laviolette, Julie Boulet, a... (Photo: Stéphane Lessard)

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La députée sortante de Laviolette, Julie Boulet, a fait savoir qu'elle ne participerait pas au débat organisé par la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan se concentrera sur les candidats du comté de Saint-Maurice à son traditionnel débat en vue des prochaines élections provinciales, qui sera présenté le 29 août. Tout indique donc que les prétendants dans Laviolette devront se passer de cet exercice pour cette fois.

La CCIS avait lancé une invitation aux 14 candidats des deux comtés, la semaine dernière. Si, dans Saint-Maurice, tout le monde avait confirmé sa présence hier, l'engouement s'est beaucoup moins fait sentir dans le comté voisin.

La députée sortante et ministre responsable de la Mauricie depuis 2003, Julie Boulet, a fait savoir hier qu'elle ne participerait pas à ce débat. Cette absence réduisait passablement l'intérêt pour cet exercice. Il n'a pas été possible de joindre Mme Boulet pour qu'elle explique cette décision.

André Beaudoin, candidat du Parti québécois dans Laviolette, réclamait à grand cri un débat depuis le début de la campagne. Visiblement, il devra maintenant se rabattre sur son travail de terrain et sur la performance de sa chef pour séduire les électeurs de son comté.

Nancy Déziel, présidente de la CCIS, mentionnait hier après-midi qu'un membre de l'équipe de M. Beaudoin avait fait savoir que le candidat péquiste se désistait si Mme Boulet ne se déplaçait pas à ce débat mercredi prochain.

Le principal concerné nuance cette interprétation, mais il convient que l'absence de la ministre régionale enlevait beaucoup d'intérêt à la démarche.

«J'ai été le premier à réclamer un débat dans Laviolette», rappelle-t-il. «Pour débattre, il ne faut pas être tout seul! Je comprends que Mme Boulet ne tient pas à faire de débat. Je trouve ça très décevant. Je trouve que c'est un geste pas très démocratique. Les citoyens du Québec sont tous égaux et ceux de Laviolette ont le droit d'entendre le point de vue de l'ensemble des candidats, que nous puissions débattre sereinement des enjeux de la campagne. De ne pas se prêter au jeu, je trouve ça particulier.»

«Je ne sais pas quelle est la stratégie de Mme Boulet», ajoute-t-il. «Quand on a la chance une fois aux quatre ans de pouvoir entendre ce que les principaux partis ont à nous présenter et qu'on ne peut le faire, je trouve ça décevant pour les électeurs. Ce n'est pas à la hauteur d'une démocratie. Dans une certaine mesure, c'est prendre les gens pour acquis.»

Au Collège Shawinigan

L'endroit choisi, le Collège Shawinigan, peut-il expliquer la décision de Mme Boulet? Son collègue dans Saint-Maurice, Robert Pilotte, avoue qu'il a sourcillé en prenant connaissance du site retenu, en raison évidemment du contexte social initié par le débat sur la hausse des frais de scolarité. «J'ai trouvé ça bizarre un peu», reconnaît-il. «Normalement, en période électorale, on s'organise pour être le plus apolitique possible. Mais c'est correct. Je vais y aller dans l'allégresse et dans l'enthousiasme! Je veux le faire, parce que les gens doivent être conscients des enjeux dans la région.»

Geneviève Bédard, directrice générale de la CCIS, assure qu'aucune intention ne se cache derrière le site choisi. «Le Collège Shawinigan est un partenaire et l'auditorium était libre ce jour-là», explique-t-elle. «Au niveau logistique, ça allait bien! Nous le voyons même comme un endroit neutre, puisque ça se déroulera le soir.»

«À notre avis, une institution d'enseignement représente le meilleur endroit pour transmettre des informations pour bien voter», ajoute Mme Bédard. «En plus, à Shawinigan, le conflit n'a pas fait beaucoup de vagues. Les étudiants n'ont même pas voté pour la grève. Nous n'avons donc jamais pensé que ça pouvait nuire à quelqu'un. De toute façon, même si nous l'avions fait ailleurs, nous n'aurions pas fermé les portes pour empêcher les étudiants de venir! C'est un événement public et il faut que le plus de gens possibles soient là.»

De son côté, Mme Déziel assure que toutes les mesures seront prises pour que l'événement se déroule dans l'ordre.

Le débat doit débuter à 18 h le 29 août et l'accès sera évidemment gratuit.

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