Charest s'en prend au groupe Mise en demeure

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Jean Charest

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La Presse Canadienne
Québec

Le premier ministre Jean Charest a condamné avec véhémence, hier, la «banalisation de la violence et de l'intimidation» qui, selon lui, prend racine au Québec dans la foulée de la crise étudiante.

«Plus jeune, je faisais partie d'un mouvement étudiant; jamais il ne nous serait venu à l'idée de poser des gestes violents, ça aurait été impensable! Mais là, c'est devenu acceptable. La cause le justifie, paraît-il? Non. Ce n'est pas le Québec», a-t-il lancé peu avant la période des questions à l'Assemblée nationale.

Le spectacle annoncé - puis annulé - du groupe anarchiste Mise en demeure sur les plaines d'Abraham à Québec le23 juin dans le cadre de «Party clandestin» de l'organisme Envol et Macadam a piqué le premier ministre au vif.

En point de presse, M. Charest s'en est pris aux messages véhiculés par cette formation marginale qui s'est fait connaître plus tôt cette semaine avec son pastiche d'un tableau de grand maître où l'on voit le premier ministre gisant sans vie aux pieds d'Amir Khadir.

Les paroles de leurs chansons ne font pas non plus dans la dentelle. L'une d'elles, intitulée «Ah vous dirais-je maman», «menace directement» la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, s'est indigné M. Charest.

Le passage controversé se lit comme suit: «Ah vous dirais-je scie à chaîne / M'as te présenter Courchesne / Mad'moiselle veut dég'ler l'éducation / À grands coups de répression / M'a t'la g'ler ça s'ra pas ben long / D'un coup d'masse dret à dret du front».

«Est-ce que ces gens-là pensent que nous n'avons pas de famille? Que nous ne sommes pas des êtres humains? C'est comme si on vient déshumaniser la politique, déshumaniser la vie», a pesté M. Charest au sujet des promoteurs de «Party clandestin» qui avaient cru bon inviter Mise en demeure sur les Plaines.

La liberté d'expression est certes précieuse, mais elle n'autorise pas à dire n'importe quoi, a poursuivi le premier ministre, qui s'inquiète du climat d'invectives dans lequel le Québec baigne depuis quelques mois. «Ce n'est pas le Québec que je vois, ce n'est pas ça, les Québécois. Il y a une minorité qui impose ce discours sous prétexte de la liberté de parole», a-t-il dit.

Le discours banalisant la violence et l'intimidation s'impose petit à petit au Québec, selon M. Charest. Plutôt que de baisser les yeux, les Québécois doivent s'élever contre ceux qui tentent d'imposer leur agenda d'agitation sociale, a-t-il fait valoir.

«L'erreur, c'est de ne pas réagir, c'est de ne rien dire, de laisser passer. Depuis des mois, ça avance d'un pas à l'autre, on tolère l'intimidation, la violence sous prétexte que... On a vu ça sur les campus dans nos écoles, dans nos collèges. Moi, ça m'a profondément choqué», a lâché M. Charest.

Spectacle annulé

Le maire Régis Labeaume a exigé hier - et obtenu - que le groupe anarchiste Mise en demeure soit rayé de l'affiche au spectacle de la Fête nationale sur les plaines d'Abraham, le 23 juin.

En point de presse, le maire de Québec a expliqué qu'il ne voulait pas que la formation musicale controversée vienne narguer les forces de l'ordre au risque d'exciter des fêtards éméchés aux petites heures du matin.

Les membres de la formation musicale créée il y a cinq ans ont dénoncé la censure dont ils se disent victimes.

«On trouve ça absolument déplorable (...) C'est une ingérence complète de l'État et de la municipalité dans les événements culturels, qui se font prendre par les couilles parce qu'ils dépendent des subventions», a poursuivi Bananarchiste.

«On n'est pas menaçants, on fait de l'humour, tout ce qu'on fait, ce n'est pas des vrais appels au meurtre, c'est des blagues, a lancé Bananarchiste. Eux, en échange, nous matraquent à tous les jours, nous poivrent et nous envoient en prison.»

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