On sait que le Nouveau Parti démocratique a annoncé qu'il introduirait de nombreux amendements afin de forcer la tenue d'un vote des Communes pour chacun d'entre eux. Ce procédé, juge M. Aubin, aura le mérite de mettre en lumière plusieurs aspects de cette loi encore inconnus du grand public. Ce dernier s'est dit surpris et ravi d'avoir constaté lors du filibuster sur les postes, qu'un grand nombre de citoyens se donnaient la peine d'écouter le canal parlementaire CPAC.
Mais, il estime que c'est au cours de l'été qu'on verra apparaître l'un après l'autre les effets inattendus de certains de ces changements. Et parmi ces derniers, la réponse tant entendue sur l'avenir du Centre fiscal de Shawinigan.
Un sujet soigneusement écarté jusqu'à maintenant par les conservateurs qui refusent toujours de donner des précisions sur ce dossier... comme ce fut encore le cas la semaine dernière, lors d'une rencontre avec des syndicats.
«Ce point n'était évidemment pas à l'ordre du jour. Ils ne souhaitent pas en parler. Ils n'infirment pas mais ils ne nient pas non plus la possibilité que ça arrive», constate le député qui déplore à nouveau que les annonces du gouvernement conservateur ne se fassent jamais aux endroits et aux moments où elles devraient se faire. «C'est soit à l'extérieur du pays par le premier ministre, soit quand les députés sont dans leur circonscription. Et regardez bien ce qui va se passer cet été, je vous promets que ça va déferler au moment où les gens seront moins attentifs. Les journalistes ne se plaindront pas de ne pas avoir de nouvelles.»
Robert Aubin s'est d'ailleurs fait un devoir de relayer sur son site Facebook la pétition du NPD contre la réforme de l'assurance-emploi, un dossier qui le préoccupe particulièrement, surtout pour les employés saisonniers qui ont suivi une formation spécialisée pour leur travail.
Mais pétitions, guérilla parlementaire et petit carré noir et blanc ne changeront pas l'issue du vote car les conservateurs, qui refusent toujours de scinder C-38, sont majoritaires à la Chambre des communes.
«Il faut quand même continuer à informer les gens, martèle le député. Ça prend du temps. Même les journalistes et les députés n'ont pas le temps d'étudier la soixantaine de lois amendées par C-38. Alors imaginez le simple citoyen, particulièrement au Québec où l'attention est monopolisée ailleurs, constate-t-il. Mais, on ne perd pas notre temps, les citoyens écoutent. C'est leur quotidien qui est touché. L'inspection alimentaire, ça touche l'assiette de tout le monde. Quand on affecte les pêches et l'environnement, ça touche tout le monde. Ce projet de loi, c'est un détournement de démocratie.»
M. Aubin confie qu'il espère toujours une mobilisation de la population, un peu comme ce qui se passe au Québec. Il précise que la sortie des quatre premiers ministres des Provinces maritimes lors d'une conférence de presse commune est un pas dans la bonne direction.
«Il me semble qu'on commence à sortir de l'ordinaire-là. Même chose quand un ancien ministre conservateur des Pêches dit: vous allez trop loin.»
Robert Aubin est convaincu que lorsque les Québécois seront aussi bien informés sur le projet de loi C-38 qu'ils le sont sur le conflit étudiant, ils se feront à nouveau entendre.