Le député Coderre a comparé hier le projet d'acquisition d'avions F-35 par le gouvernement conservateur à une tentative de vol de banque ratée.
Le gouvernement de Stephen Harper a en effet été éclaboussé, la semaine dernière, lorsque le vérificateur général Michael Ferguson a publié un rapport fort accablant, à ce sujet, dans lequel il établissait que le ministère de la Défense avait sous-estimé l'achat et l'entretien des avions F-35 d'au moins 10 milliards $.
La facture devait être de 15 milliards $, selon le gouvernement conservateur, mais «le directeur parlementaire du budget disait que c'était rendu à au moins 29 milliards $», a rappelé hier le député Coderre, «et il s'est fait traiter de tous les noms.»
Or, «non seulement il avait raison, mais selon certains calculs, ça pourrait monter jusqu'à 40 milliards $», a déclaré M. Coderre.
Les Conservateurs de Steven Harper «nous disent: On n'a pas dépensé un cent. Tu sais, quand tu t'en vas voler une banque, admettons que tu manques ton coup, tu te fais-tu arrêter pareil? Tu as essayé de la voler, la maudite banque», a-t-il fait valoir hier alors qu'il donnait une conférence à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
«Je pense que l'exemple n'est pas très boiteux, dans ce dossier», a-t-il renchéri, «parce qu'on a vraiment l'impression qu'on se fait voler.»
Denis Coderre reconnaît que les CF-18 ont actuellement besoin d'être changés et qu'il faut des appareils capables de patrouiller en Arctique afin que le Canada puisse y défendre sa souveraineté, en particulier depuis que les changements climatiques rendent plus accessible le Passage du Nord-Ouest.
Toutefois, dit-il, les parlementaires ont appris que les F-35 ne sont pas conçus pour les rigueurs de l'Arctique, que les moyens de communication à bord sont défectueux et qu'il n'est pas possible de les ravitailler en plein vol.
«En 2010, ils nous ont dit qu'ils avaient signé un contrat, qu'on n'avait pas le choix et qu'il y avait des garanties parce que si on signait avec eux autres, ça nous coûterait moins cher», rappelle le député de Bourassa. Le gouvernement Harper disait aussi «qu'il n'y avait pas d'autres programmes qui existaient, ce qui n'est pas vrai. Il y a quatre autres compagnies, dont deux européennes» pouvant fournir la technologie adéquate, dit-il.
Ce dernier déplore que les dossiers, dans cette affaire, aient été pilotés «sans documents, sans approbation, sans autorisations. On a dépensé des sommes d'argent sans qu'on puisse voir les documents», dit-il. Or, il fallait des appels d'offres puisqu'il s'agit de l'argent des contribuables, rappelle l'ex-ministre.
«Il me semble qu'avant de monter la pension à 67 ans, de couper 19 000 fonctionnaires et de couper dans les institutions, j'aurais mis mes priorités ailleurs», a fait valoir Denis Coderre qui se donne jusqu'à la fin de l'année pour décider s'il sera candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada.