Il ajoute que l'atmosphère de crise qui s'installe sur la colline parlementaire et qui s'est aggravée par «le ballon» lancé de Davos, il y a quelques jours au sujet des compressions possibles dans les pensions de vieillesse, est créée de toutes pièces par et pour le gouvernement Harper.
C'est donc dans cette atmosphère de suspicion que s'est effectuée la rentrée parlementaire, hier, à Ottawa. «C'était une très belle stratégie de M. Harper pour détourner l'attention du prochain budget, poursuit M. Aubin. La prochaine session risque d'ailleurs de faire démentir l'adage suivant lequel le fédéral est le palier de gouvernement le plus loin du quotidien des citoyens. On affecte le quotidien des gens quand on parle de retraite et de chômage, sans compter la perte d'emplois annoncée. Il y a une limite à l'attrition.»
M. Aubin rappelle que l'agente du bureau trifluvien de l'immigration prend sa retraite en février, et que ce poste ne sera pas renouvelé. Tous les dossiers en cette matière seront traités par Sherbrooke.
«Il y aura bien d'autres situations semblables à celle-là à découvrir, prédit-il. J'ai la crainte ferme qu'on ne voit là que la figure de proue de ce qui s'en vient en matière de coupures dans les services gouvernementaux. On en fait depuis des années des coupures, il n'y en a plus de gras à couper. On s'est privé de revenus pendant des années, par choix idéologique clair, comme celui de diminuer les taxes ou de faire des remises d'impôts aux grandes sociétés et jusqu'à maintenant, personne n'a réussi à me faire la démonstration que ces baisses d'impôts se sont transformées en création d'emplois dans le reste du Canada.»
Ce qui se passe au service de l'assurance-emploi démontrerait plutôt le contraire, soutient le député qui ajoute que même les nouveaux emplois créés ne sont pas de la même qualité que ceux qui sont disparus.
Par ailleurs, M. Aubin assure que les députés prennent de plus en plus leur place et apprennent leur métier. Lui-même, à titre de porte-parole du NPD en matière de francophonie, garde les yeux rivés sur ce dossier dans un contexte de coupures budgétaires. «La francophonie sera touchée par ces coupures. Le Canada est quand même le deuxième bailleur de fonds, derrière la France. Il sera important de voir comment le gouvernement va se situer, particulièrement dans une situation que ne touche pas vraiment le francophonie mais la langue française au Canada... comme on l'a vu tout au long de l'automne. De plus, pendant l'ajournement des Fêtes, on a appris la fermeture de l'école de langue des fonctionnaires (abolition de près de 200 postes d'enseignants de langue seconde à l'École de la fonction publique du Canada). Les communautés francophones de tout le Canada ont raison d'être inquiètes. De plus, lors du dépôt de mon projet de loi sur la langue française dans les entreprises fédérales, on avait annoncé la création d'un comité qui n'a toujours pas vu le jour. Ce fut une répartie, mais il ne se passe rien. Tout cela est ajouté au vérificateur général anglophone, aux juges unilingues de la Cour suprême et aux nombreux dossiers mis en suspend à la Commission des langues officielles», de conclure amèrement Robert Aubin.