La CRE est morte, mais encore utile

La ministre Julie Boulet a procédé au dévoilement... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La ministre Julie Boulet a procédé au dévoilement des priorités de la région de la Mauricie.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

S'il y avait encore des personnes qui doutaient de l'importance du rôle joué par la regrettée Conférence régionale des élus de la Mauricie, le dévoilement des priorités régionales dans le cadre du Fonds d'appui au rayonnement des régions devrait les en convaincre.

En début de semaine, la ministre du Tourisme, Julie Boulet, a dévoilé les quatorze priorités regroupées en trois grands enjeux, qui serviront à faciliter la sélection des projets pour lesquels une aide financière est nécessaire en vertu du Fonds d'appui au rayonnement des régions. Ce programme, lancé par le gouvernement libéral, est assorti d'une enveloppe d'un peu plus de 2 millions $ pour cette année, pour la Mauricie.

Avant de lancer l'appel de projets, il fallait déterminer les enjeux et les critères et c'est ce qu'ont fait les représentants des différents territoires de la région. Heureusement pour eux, cette tâche a été grandement facilitée par un vaste exercice de consultation que la Conférence régionale des élus, qui a depuis cessé ses activités, avait réalisé en 2014.

Qui plus est, pour mener à bien le processus de sélection des projets qui recevront une aide dans le cadre du FARR, un comité de sélection a dû être mis en place. Celui-ci est formé des préfets des MRC de Maskinongé, de Mékinac et des Chenaux, des maires de La Tuque, Trois-Rivières et Shawinigan, ainsi que du grand chef de la Nation atikamekw.

En clair, on doit remettre en place une structure de rencontre et de discussion semblable à celle que représentait la Conférence régionale des élus. Moins formelle et moins lourde, certes, mais avec un rôle très semblable.

Ce comité d'élus devra donc tenir compte des 14 priorités définies grâce aux travaux de la CRE réalisés il y a trois ans. 

Il est certainement audacieux de voir que la priorité qui vient en tête de liste est celle qui énonce la nécessité d'accroître la population de la Mauricie. Cela peut avoir des répercussions à plusieurs niveaux, mais c'est sur l'emploi et sur l'économie en général que cela peut avoir des conséquences positives. 

Pour atteindre cet objectif, il est essentiel de favoriser la rétention des Mauriciens dans la région, d'encourager l'attraction de nouveaux citoyens en Mauricie et de soutenir l'accueil et l'établissement de nouveaux citoyens dans la région. Si tout le monde s'entend sur une telle nécessité et qu'on est d'accord pour accorder un soutien aux projets qui peuvent aller dans ce sens, c'est déjà un grand pas dans la bonne direction.

Il faut avoir la lucidité de prendre acte des chiffres peu reluisants en ce qui concerne la situation démographique de la Mauricie. La population y est plus âgée que celle de l'ensemble du Québec. Le pourcentage des 65 ans et plus (22,1 %) est plus élevé que celui des moins de 20 ans (18,0 %). L'âge moyen (45,7 ans) est l'un des plus élevés du Québec. Et contrairement à plusieurs régions, le nombre de décès en Mauricie surpasse celui des naissances, et ce, depuis plus de quinze ans.

Comme si ce n'était pas assez, le taux d'accroissement de la population de la Mauricie est inférieur à la croissance moyenne observée pour le Québec. Il a été de 2,4 % pour la Mauricie, comparativement à 6,9 % pour l'ensemble du Québec. 

En plus d'accroître la population de la région, on retrouve d'autres grandes priorités tout aussi importantes, qui touchent notamment l'occupation du territoire, la réduction des inégalités sociales, le sentiment d'appartenance, la qualité de l'environnement, l'économie, la mise en valeur du territoire et l'éducation.

Deux millions et des poussières, c'est bien peu comme enveloppe. Mais celle-ci est appelée à prendre de l'épaisseur au cours des prochaines années. 

Le gouvernement libéral se targue d'avoir ainsi créé la plus importante opération de décentralisation. C'est ce même gouvernement qui, rappelons-le, a coupé les vivres aux centres locaux de développement et aux conférences régionales des élus.

Comme quoi l'histoire nous rattrape parfois.




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