François, la CAQ et la Mauricie

François Legault... (Archives, La Presse)

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François Legault

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce n'est évidemment pas la première fois - et ce n'est surtout pas un hasard - que François Legault vient se faire voir en Mauricie. C'est une région qu'il convoite inlassablement, probablement parce qu'elle est dans le prolongement naturel des territoires que son parti a su conquérir. Et parce qu'il aimerait bien y faire élire quelques députés.

Fort d'un sondage qui place son parti en tête des intentions de vote au sein de l'électorat francophone, le chef de la Coalition Avenir Québec ne vise rien de moins qu'un grand chelem en Mauricie. À un peu plus d'un an des élections, l'objectif peut sembler réaliste mais son atteinte risque d'être plus compliquée. 

Il est vrai que plusieurs circonscriptions de la Mauricie peuvent basculer facilement d'un parti à l'autre. Aux élections de 2014, la CAQ avait terminé deuxième dans Champlain et dans Maskinongé. Et l'ancêtre de la CAQ, l'ADQ de Mario Dumont, avait raflé quatre des cinq circonscriptions mauriciennes en 2007, laissant Laviolette aux libéraux.

Tout est donc possible pour le parti de François Legault. Ce n'est pas pour rien qu'il a sillonné les routes de la région en fin de semaine dernière et qu'il a tenu son caucus présessionnel à Shawinigan. 

En avril dernier, Philippe Couillard avait passé trois jours en Mauricie, visitant chacune des circonscriptions et se livrant à de nombreuses opérations de visibilité. La Mauricie est loin d'être un château fort libéral et il savait très bien qu'il doit y maintenir ses acquis s'il espère remporter un nouveau mandat en 2018.

François Legault, en fin de semaine dernière, est venu parler d'économie. Il n'y a pas de raisons, selon lui, pour que la région se retrouve dernière en économie. Pour appuyer ses dires, il a brandi les statistiques de main-d'oeuvre et de revenu, qui démontrent que les salaires des familles de la Mauricie sont près de 4500 $ inférieurs à la moyenne, ou encore que depuis un an, il y a 5200 emplois de moins dans la région.

Le chef de la CAQ avait l'embarras du choix pour ce qui est des statistiques défavorables. Et évidemment, il s'est bien gardé de parler du taux de chômage, qui avait baissé de 6,1 % à 5,9 %. Il n'a pas parlé non plus du nombre de prestataires de la sécurité du revenu, qui est lui aussi à la baisse même si le taux d'assistés sociaux de la Mauricie demeure le plus élevé au Québec, à 9,3 %. Bref, en matière de statistiques, on va de contradiction en contradiction quand on s'intéresse à la Mauricie.

Bien sûr, le chef de la CAQ a attribué les mauvaises performances de la région aux actions du gouvernement libéral en place. C'est à double tranchant, parce que de façon générale, on observe une performance économique appréciable pour l'ensemble de la province et c'est pourtant ce même gouvernement qui est en poste.

Même avec 33 % d'appuis chez les francophones, François Legault ne peut ni ne doit tenir pour acquis que la Mauricie basculera de son côté. Il reste plus d'un an avant le scrutin et un an, c'est très long. Parlez-en à Thomas Mulcair et au NPD, qui voguaient en tête des sondages jusqu'à un mois de l'élection fédérale de 2015, où le parti est finalement arrivé troisième. 

L'autre facteur dont François Legault devra tenir compte, c'est l'attachement des électeurs aux candidats et plus particulièrement aux députés sortants. Et il est loin d'être certain que ce serait une bonne idée de parachuter la candidate-vedette Sonia LeBel quelque part en Mauricie, comme le laissent entendre certaines rumeurs. Les précédentes tentatives en ce sens - pensons au Parti québécois dans Trois-Rivières - ont conduit à des échecs.

Enfin, l'électorat risque de vite se lasser ou de devenir irrité par les publicités négatives comme celles que vient justement de lancer la CAQ.

Ceux qui espéraient de nouvelles façons de faire de la politique devront visiblement prendre leur mal en patience.




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