Un retard à rattraper

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En attendant l'implantation du bac brun, prévue pour 2019, la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie devra se doter des installations nécessaires au traitement de ces résidus.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie vient de faire son nid. Elle optera finalement pour le compostage pour remplir l'obligation de valoriser les matières putrescibles résidentielles. En attendant l'implantation du bac brun, prévue pour 2019, l'organisme devra se doter des installations nécessaires au traitement de ces résidus. Et plus que jamais, il importe de bien faire les choses.

Visiblement, l'intérêt pour des projets de biométhanisation s'est effrité au cours des derniers mois. Les coûts de telles installations sont beaucoup plus élevés. Il semble que certaines expériences vécues ailleurs ne soient pas suffisamment concluantes ou convaincantes pour inciter la RGMRM à aller de l'avant en ce sens.

Ce sera donc le compostage, confirmait plus tôt cette semaine le président de la Régie, René Goyette. Et il faudra se doter des installations adéquates. Même si l'échéance gouvernementale a été fixée à 2020 pour inciter les villes et les MRC à mettre en place un système de collecte et de valorisation des matières putrescibles résidentielles, la région traîne la patte à ce chapitre. La plupart des grandes villes et un grand nombre de MRC ont déjà ce qu'on appelle la «troisième voie».

En confirmant son choix d'établir un centre de compostage, la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie entre dans une phase de réalisation importante. Et il est essentiel de faire en sorte que cette transition se fasse sans trop de soubresauts. Pour monsieur et madame Tout-le-monde, ce sera une autre petite révolution, semblable à celle de l'implantation des bacs roulants. 

Il suffira sans doute d'un peu de bonne volonté et d'une excellente stratégie de communication pour que ce changement dans les habitudes des citoyens se déroule rondement. 

Mais pour disposer de la matière ainsi recueillie, il faudra aussi une bonne dose de diplomatie. Et beaucoup de précaution, notamment pour faire oublier la triste saga de Compostage Mauricie à Saint-Luc-de-Vincennes.

La Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès a déjà signifié une fin de non-recevoir à la RGMRM pour l'implantation, sur son territoire, d'un centre de compostage. Les résidents et les élus locaux ont déjà passablement souffert des problèmes de mauvaises odeurs qu'ils ne veulent pas voir arriver une source potentielle de problèmes additionnels. On peut les comprendre. Chat échaudé craint l'eau froide, dit-on.

Les yeux pourraient donc se tourner vers la municipalité de Champlain, où se trouve déjà un lieu d'enfouissement appartenant à la Régie. Le maire de l'endroit a vite fait de rappeler les conditions: un lieu de compostage fermé pour assurer un bon contrôle des odeurs, et qui ne recevrait seulement que les matières putrescibles de la Mauricie.

Évidemment, un lieu couvert pour le compostage est plus coûteux. Mais si les gens de la Régie ont déjà considéré des projets de biométhanisation dont la valeur était de 30 ou 40 millions $ à l'époque, ils devraient être en mesure de bonifier leur projet de centre de compostage pour le rendre parfaitement acceptable sur le plan social. Un centre à ciel ouvert coûterait autour de 10 à 12 millions $, alors qu'une usine fermée en coûterait 20 millions $.

Le problème, c'est que les revenus de la Régie ne sont pas illimités et que l'organisme traîne toujours une dette importante. Et l'implantation de la troisième voie signifiera moins de matières résiduelles à enfouir, donc moins de revenus pour la Régie.

Une fois que la Régie aura déterminé quel type de centre elle aménagera et à quel endroit elle l'implantera, il restera tout le travail de sensibilisation et d'éducation. Pour ça, il sera impératif de s'inspirer de ce qui s'est fait ailleurs: difficultés rencontrées, impact de la gestion d'un troisième bac, diminution de la fréquence de collecte des ordures, facteurs de réussite, campagnes de communications, adhésion des élus...

La commande est grosse, mais la région est rendue là. Enfin.




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