Quand la SAQ tire sur la «plug»...

Le président de la Fondation Jean-Pierre Despins m.d.,... (Sylvain Mayer)

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Le président de la Fondation Jean-Pierre Despins m.d., René Bérubé, ne prise guère la décision de la SAQ.

Sylvain Mayer

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Il n'y a rien de pire, pour des dirigeants et des bénévoles de différents organismes, que de se faire enlever une commandite, une subvention ou toute autre forme d'aide financière dont ils jouissaient déjà. Le plus récent exemple est celui de la Fondation médicale Jean-Pierre Despins, de Saint-Léonard-d'Aston, qui voit la Société des alcools du Québec mettre fin à sa contribution de 3000 $ pour l'organisation d'un souper-bénéfice.

La Fondation médicale Jean-Pierre Despins a été créée, il y a une quinzaine d'années, pour assurer la pérennité des services de soins en santé en milieu rural, particulièrement dans la région de Saint-Léonard-d'Aston. Elle a pour mission principale d'améliorer et de développer des services de soins en santé en recrutant de nouveaux médecins et en achetant de nouveaux équipements médicaux. Elle gère aussi un programme de bourses d'installation pour de jeunes médecins, à la coopérative de solidarité et santé, en plus de soutenir différents programmes de prévention en santé pour améliorer la santé de la population du territoire qu'elle dessert.

Depuis quelques années, la Société des alcools du Québec contribuait par le biais d'une commandite en produits d'une valeur de 3000 $ à la Fondation. Celle-ci était utilisée pour l'organisation du souper-bénéfice, un des plus importants leviers de financement pour l'organisme.

Les responsables de la SAQ ont avisé les dirigeants de la Fondation en 2016 que la société d'État retirait ses billes cette année. Ils veulent ainsi donner le temps aux organismes largués de voir venir le coup et trouver d'autres sources de financement. C'est louable, mais ça ne redonne pas systématiquement les 3000 $ à l'organisme.

En fait, c'est de la mesquinerie déguisée en courtoisie.

On déshabille Pierre pour habiller Paul.

Les organismes commanditaires plaident toujours une réévaluation des événements ou des organismes que leur programme soutient, ou encore une redéfinition des critères d'attribution de cette aide financière. Ça change au gré du temps. Au fil des ans, on ne compte plus les organismes, événements ou institutions qui ont été victimes d'un désistement d'un commanditaire, majeur ou non.

Dans le cas de la Fondation Jean-Pierre Despins, la SAQ justifie sa décision en disant vouloir être plus fidèle à sa politique révisée, qui établit le principe selon lequel elle se concentre maintenant, en matière de santé et de services sociaux, sur des organismes qui font de la recherche ou du traitement. La Fondation Jean-Pierre Despins est plutôt considérée comme un organisme de soutien, si bien qu'elle ne mérite plus sa place dans le carnet de chèques de la SAQ.

C'est vrai que les grandes entreprises ou les sociétés d'État ne peuvent pas répondre à toutes les demandes de commandites. Mais ce qui est fâchant, c'est lorsque ces pourvoyeurs de fonds ou de services se retirent d'un événement, d'un organisme ou d'une cause qu'ils soutenaient déjà. Sous prétexte d'une révision de critères, on tire sur la plug.

Le président de la Fondation Jean-Pierre Despins et le député de Nicolet-Bécancour ont raison de dire que ce sont les régions qui écopent dans le désistement de grands commanditaires. Les organismes voués à la recherche, maintenant visés par les critères de la SAQ, ce n'est pas en région qu'on les trouve.

Et s'il s'agissait de la recherche de visibilité? Tout bon commanditaire est en droit d'espérer un retour publicitaire ou du moins un positionnement avantageux de sa marque. Si c'était ça, la SAQ ne continuerait certainement pas à commanditer des maisons de soins palliatifs ou des fondations en éducation. Et puis une société d'État qui est avant tout un monopole commercial a-t-elle à ce point besoin de publicité et de visibilité?

Non, vraiment, larguer des organismes qui travaillent de peine et de misère à donner de meilleurs services à la population, surtout en santé et surtout en milieu rural, c'est petit. Vraiment petit.




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