Une question de sécurité

Le maire de La Bostonnais Pierre-David Tremblay réclame... (Audrey Tremblay)

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Le maire de La Bostonnais Pierre-David Tremblay réclame la téléphonie cellulaire sur la route 155 pour la sécurité des usagers.

Audrey Tremblay

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Voilà la goutte qui devrait, dans un monde normal, faire déborder le vase. Cet incident survenu sur la route 155, plus tôt cette semaine, quelque part entre La Tuque et Lac-Bouchette, vient s'ajouter à une liste d'accidents et de situations qui devraient avoir pour effet de faire débloquer une bonne fois pour toutes la question du financement associé à la desserte de cette route par les services de téléphonie cellulaire.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le contenu d'un camion-remorque rempli de copeaux de bois a pris feu au kilomètre 186 de la route 155 Nord, où il n'y a, rappelons-le, aucune couverture cellulaire. Le conducteur du poids lourd a dû détacher sa remorque et se rendre à Lac-Bouchette pour demander l'assistance des services d'urgence. C'est complètement absurde.

Pourtant, l'absence de couverture cellulaire est une triste réalité pour les camionneurs, automobilistes et motocyclistes qui empruntent cette route, pourtant une route interrégionale qui constitue un des principaux corridors d'accès à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Même les motoneigistes, qui en période hivernale affluent dans les sentiers de ce secteur, voient leur sécurité compromise par cette sérieuse lacune.

Le problème touche non seulement la portion de la route 155 comprise entre La Tuque et Chambord, mais aussi le tronçon longeant la rivière Saint-Maurice, entre Grandes-Piles et La Tuque.

Ça fait des années que le dossier de la couverture cellulaire sur la route 155 traîne. À quelques reprises, les nouvelles étaient suffisamment encourageantes pour espérer un dénouement imminent. Mais ce n'est toujours pas le cas. 

Les firmes privées qui s'intéressent au projet se heurtent à un problème de taille: les coûts. L'implantation de tours de télécommunications, qui à elle seule nécessite des investissements de plusieurs millions, ne remplit pas le critère de la rentabilité potentielle en raison de l'absence de clientèle suffisante, tant pour la téléphonie cellulaire que pour l'accès à Internet.

La balle est donc dans le camp des gouvernements, qui doivent verser l'aide financière appropriée pour la construction des tours et pour leur exploitation. Ce n'est pas une mince affaire, puisqu'il ne semble pas y avoir de programme d'aide adéquat pour l'instant. Les programmes existants mettent l'accent sur la desserte par des fournisseurs de services Internet dans des régions éloignées et ne visent pas directement la couverture cellulaire dans des corridors routiers peu ou pas du tout habités. C'est une lacune.

Au moins, le travail de sensibilisation semble aller bon train. Au cours des dernières semaines, le premier ministre Justin Trudeau a été sensibilisé par les élus locaux qui ne lâchent pas prise et par des citoyens engagés qui souhaitent ne plus voir d'accidents tragiques se produire sur une route où on ne peut même pas communiquer avec les services d'urgence.

Le ministre du Commerce international et député de Saint-Maurice-Champlain à la Chambre des Communes, François-Philippe Champagne, avait fait de la couverture cellulaire une priorité lors de sa campagne électorale. Souhaitons qu'il soit aussi efficace en cette matière qu'il a pu l'être pour le parc national, le centre fiscal et la pyrrhotite.

Des études de débit de circulation démontrent que 2500 véhicules empruntent la route 155 chaque jour entre Saint-Roch-de-Mékinac et La Tuque. Pour le tronçon entre La Tuque et Lac-Bouchette, on parle de près de 1800 véhicules quotidiennement.

Il est impératif d'assurer un minimum de sécurité pour ces utilisateurs de la route. Et il serait grand temps que les gouvernements s'engagent dans le financement et dans l'élaboration de ce qui pourrait commencer à ressembler à une solution.

On ne peut plus tolérer des situations où des victimes d'accident ne peuvent même pas appeler les secours quand cela s'impose. 

Et dire que nous sommes en 2017...




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