C'est vrai qu'on est chanceux

La première de Stone - Hommage à Plamondon... (Olivier Croteau)

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La première de Stone - Hommage à Plamondon a été présenté mercredi.

Olivier Croteau

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est Luc Plamondon lui-même qui écrivait, dans Starmania, qu'«il se passe quelque chose à Monopolis, cette ville où il n'arrivait jamais rien». Il serait tentant, presque quarante ans plus tard, de remplacer «Monopolis» par «Trois-Rivières». Surtout quand on voit de quelle façon l'équipe du Cirque du Soleil et celle de l'Amphithéâtre Cogeco s'allient pour produire quelque chose de grandiose depuis trois étés, au confluent du fleuve et de la rivière.

Mercredi soir, Trois-Rivières et son amphithéâtre s'étaient mis beaux pour accueillir les invités à la première de Stone, le troisième spectacle de la série hommage du Cirque du Soleil. Les commentaires sont déjà élogieux. Et avec raison.

Puisqu'on ne peut pas éviter le jeu des comparaisons avec les deux précédentes oeuvres présentées à l'Amphithéâtre par le Cirque du Soleil, disons que Stone est certainement le plus achevé et le plus émouvant des trois spectacles. Une réussite sur le plan esthétique, scénographique, acrobatique et, surtout, musical.

D'ailleurs, il ne manque qu'une chose, une seule, pour que l'expérience de Stone soit parfaitement satisfaisante: il est impératif de rendre disponible la formidable trame sonore de ce spectacle unique. Non seulement les spectateurs l'achèteraient pour s'assurer de garder une trace de ce qu'ils auront vécu, mais il y a fort à parier que l'impressionnante brochette d'interprètes et les extraordinaires arrangements de Jean-Phi Goncalves sauraient séduire un public plus large. Fin de la parenthèse.

Il est naturel, après une représentation, de ressentir une grande satisfaction parce qu'on a été impressionné, surpris ou ému par le spectacle. Mais ce qu'il y a de fascinant, c'est que la présence chez nous d'un tel événement artistique procure aussi un grand sentiment de fierté quand on est du coin. Une fierté de voir Trois-Rivières être le théâtre de ces moments magiques. Une fierté de voir à quel point une idée contestée et malmenée a fini par devenir une grande réussite et un formidable moteur touristique pour la région.

On ne refera pas ici le débat sur la pertinence d'avoir construit une telle infrastructure. On peut avoir l'opinion qu'on veut sur l'Amphithéâtre, sur la façon dont ce projet a été initié et mené, sur les sommes considérables que la Ville a consacrées et consacre encore à l'aménagement et à la gestion de cette infrastructure. Il y aura toujours des personnes qui auront des réserves, des critiques envers l'Amphithéâtre. Certains gardent un goût amer du fait qu'on a évacué ou contourné la notion de consultation populaire. C'est leur droit le plus légitime.

Mais l'Amphithéâtre est là. Et au-delà des chiffres qu'on nous dévoilera - ou qu'on nous cachera - sur les assistances, sur les billets de faveur, sur les résultats financiers ou sur les retombées économiques, il y a une nécessité: celle de faire vivre cet équipement. Et c'est par la qualité de ce qu'on y présente, de même que par l'accueil que l'on réserve aux artistes et aux spectateurs, qu'on réussira à se démarquer.

L'ex-gérant de Céline Dion, Aldo Giampaolo, avait souligné l'accueil «spectaculaire» et le professionnalisme du personnel de l'Amphithéâtre, en ajoutant qu'il s'agissait d'une «infrastructure de classe internationale». Au cours des derniers jours, d'autres commentaires semblables ont circulé. L'animateur et chroniqueur Jean-Philippe Dion a non seulement qualifié d'«exceptionnel» le spectacle qu'il a vu mercredi soir, mais il a aussi indiqué que c'était sa première fois à l'Amphithéâtre et qu'il était sous le charme. «Trois-Rivières vous êtes chanceux!», écrit-il en précisant qu'il venait de voir «l'un des meilleurs spectacles du Cirque du Soleil». Et on se doute qu'il en a vu bien d'autres.

«Trois-Rivières: j'ai fait deux heures de route pour venir vous voir, j'en aurais fait mille heures de plus! Quelle soirée!», a-t-il ajouté sur les réseaux sociaux. Ça en dit long sur la perception que peuvent avoir les gens de l'extérieur sur ce dont est capable une ville «de province».

C'est vrai qu'on est chanceux. Suffit simplement d'en prendre conscience.

Ou de l'admettre.




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