La fête qui passe dans le beurre

En 2009, lorsque Trois-Rivières a fêté son 375e... (Olivier Croteau)

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En 2009, lorsque Trois-Rivières a fêté son 375e anniversaire, le 4 juillet était un moment fort des festivités.

Olivier Croteau

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

On dirait bien que Trois-Rivières a décidé de souligner ses anniversaires uniquement tous les 25 ans. Le 383e anniversaire de la ville, qui avait lieu mardi, est passé complètement inaperçu. Pas de courte cérémonie protocolaire, pas de drapeau hissé symboliquement. Pas même une mention de l'événement lors de l'assemblée publique du conseil municipal, qui avait lieu la veille. C'est triste.

À Trois-Rivières, on semble perdre peu à peu la notion de commémoration, de protocole. Dans les mois qui ont suivi la création de la nouvelle ville, en 2002, on avait implicitement décidé de conserver l'année 1634 et la date du 4 juillet comme marquant la fondation de Trois-Rivières. C'était pleinement justifié, même si encore une fois, c'était les villes voisines qui perdaient un peu de leur identité historique.

En 2009, lorsque Trois-Rivières a fêté son 375e anniversaire, le 4 juillet était un moment fort des festivités. Mais depuis, le jour anniversaire de Trois-Rivières sombre dans l'oubli chaque année. Probablement qu'on le dépoussiérera de nouveau le 4 juillet 2034, lors du 400e anniversaire de la ville.

Ça fait tout un contraste, avouons-le, avec la ville de Québec. La capitale souligne son anniversaire de fondation tous les ans, un jour avant Trois-Rivières. Lundi, jour du 409e anniversaire de Québec, on avait organisé une cérémonie au monument de Samuel de Champlain, une garde d'honneur avec musique du Royal 22e Régiment, une cérémonie du droit de cité avec le 2e bataillon du Royal 22e. On a aussi fêté en certains endroits de la ville, ouvert les portes de l'hôtel de ville à la population, inauguré des aménagements éphémères et présenté différentes activités d'animation. Et le clou de la journée était le dévoilement d'une impressionnante oeuvre d'art public dans les jardins de l'hôtel de ville. Le maire Labeaume a fait un discours inspiré.

Et pourtant ce n'était que le 409e anniversaire. Toute une section du site web de la ville de Québec était consacrée à la programmation et aux festivités.

Ici, rien du tout.

Bien sûr, Trois-Rivières n'est pas Québec. La Ville n'a pas les moyens de se lancer dans des cérémonies fastes et coûteuses. Mais pourquoi ne pas simplement tenir une courte cérémonie au monument de Laviolette - pendant qu'on le considère toujours comme le fondateur de la ville - ou hisser le drapeau de la ville sur le mât d'honneur du parvis de l'hôtel de ville? 

Mais Trois-Rivières, on perd cette culture de la commémoration, de la fierté et du rayonnement. La Ville mise surtout sur l'animation et les rassemblements festifs et elle y excelle. Mais le fait de créer des occasions de mettre en valeur notre histoire et les personnes qui l'ont marquée contribuerait certainement à renforcer le sentiment d'appartenance.

Même l'Ordre de La Vérendrye, censé être la plus haute distinction décernée par la Ville de Trois-Rivières, a perdu tout beaucoup de son prestige. Cette distinction avait été créée en 1985, à l'occasion du tricentenaire de la naissance à Trois-Rivières du sieur de La Vérendrye, grand explorateur de l'Ouest canadien. L'Ordre de La Vérendrye veut souligner l'action méritoire et exemplaire de personnes qui ont contribué au mieux-être de leurs concitoyens et au rayonnement de leur ville. Malheureusement, au-delà des cérémonies qu'on tient annuellement, il n'y a pas de traces de cet Ordre et de ses membres sur le site web de la Ville. Seulement une courte description et un formulaire de candidature.

Le maire Lévesque n'est pas un fervent du protocole, des formalités ou des commémorations. Ses qualités sont autres. Mais mardi, il aurait au moins pu souligner le 383e anniversaire de la ville, au moins par le biais de sa page Facebook.

Dans une vidéo filmée devant le monument de Laviolette, son adversaire dans la course à la mairie, Jean-François Aubin, l'a fait.




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