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La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après avoir causé un certain émoi l'an passé en refusant l'étiquette de «féministe», voilà que la ministre Lise Thériault n'hésite pas à accoler cette même étiquette à sa toute nouvelle stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Ce sympathique clin d'oeil, formulé en réponse à la question d'une journaliste, venait confirmer l'intention de Québec en présentant ce plan: atteindre une égalité de fait entre les hommes et les femmes.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard semble être en pleine saison du dévoilement de politiques et de stratégies. Après la politique de la réussite éducative du ministre Sébastien Proulx, la politique culturelle du ministre Luc Fortin, voilà qu'on dévoilait jeudi cette Stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes. 

Il est tout de même curieux qu'on profite du creux associé au début de l'été, avec la fin des classes, la fête nationale du Québec, la fête du Canada et les déménagements pour dévoiler de telles politiques qui, même s'il s'agit d'énoncés d'orientations et de priorités gouvernementales, demeurent des documents importants. Curieux, aussi, de le faire après la session parlementaire. En temps normal, les partis d'opposition auraient pu profiter des périodes de questions en chambre pour interpeller les ministres responsables sur de telles politiques. Mais bon, telle ne semblait pas être la stratégie de communication du gouvernement.

La stratégie gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes était attendue par les intervenants et les organismes voués à la défense des droits des femmes ou à la promotion de l'égalité. Si la plupart voient dans cette initiative gouvernementale un effort significatif, d'autres se demandent si on déploiera les moyens nécessaires pour sa mise en oeuvre. Lors du dévoilement de la politique, on a mentionné qu'une somme de 80 millions $ sur cinq ans a été mise de côté pour concrétiser cette stratégie. De ce montant, environ 30 millions $ avaient été annoncés dans le dernier budget. C'est trop peu aux yeux de la députée de Québec solidaire, Manon Massé. 

Mais au-delà de ces questionnements et de certaines critiques quant à la mise en oeuvre, ce qu'il faut souligner c'est qu'au moins le gouvernement aborde de front la question de l'égalité. Le sujet est ramené avec force dans la sphère publique et il est à souhaiter qu'une telle intervention suscite des suggestions et des idées de mesures qui viendront concrétiser les intentions gouvernementales ou les bonifier.

Déjà, on parle de la création d'un «indice québécois» de l'égalité hommes-femmes, qui permettra de suivre les tendances en la matière et de guider la prise de décision au sein du gouvernement. On prévoit aussi l'adoption d'une loi-cadre qui permettrait de camper cette égalité dans les priorités gouvernementales. Ces deux mesures devraient voir le jour au cours de la prochaine année.

La question de la parité en politique, soulevée notamment par un groupe d'anciennes parlementaires il y a quelques mois, n'a pas été abordée directement dans la stratégie gouvernementale. Le document semble d'ailleurs privilégier l'accompagnement et la sensibilisation plutôt que l'imposition de quotas, que ce soit dans la sphère politique ou le secteur privé.

Bonne idée, également, d'avoir inscrit la famille comme noyau de sensibilisation. Une des orientations aborde directement la question du partage équitable des responsabilités familiales et de l'équilibre entre la vie professionnelle, familiale, étudiante, sociale et politique. C'est souvent à la maison que les modèles se forgent, que les mentalités se façonnent.

On n'a certainement pas fini de voir des publicités sociétales faisant la promotion de l'égalité hommes-femmes au cours des prochains mois et des prochaines années. Et c'est tant mieux. Parce qu'il y a encore du chemin à faire pour améliorer la représentation féminine dans les postes décisionnels, les conseils d'administration, les institutions démocratiques. 

Du chemin à faire pour atteindre ce qui devrait être l'ordre normal des choses, en somme.




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