Comme un poisson dans l'eau

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Soirée d'information tenue mardi à Shawinigan concernant le projet d'assainissement des eaux dans le secteur Lac-à-la-Tortue

François Gervais

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, aurait tout intérêt à lire le compte-rendu de la soirée d'information tenue mardi à Shawinigan concernant le projet d'assainissement des eaux dans le secteur Lac-à-la-Tortue. Il verrait que la communication avec la population est non seulement possible, mais qu'elle est généralement bénéfique.

À Shawinigan, le maire Angers est passé maître dans l'art de tenir des assemblées d'information ou de consultation. Et ça marche. Quand il y a contestation, le principal intéressé est capable d'expliquer et d'apaiser la grogne.

L'exercice le plus récent - auquel ont assisté pas moins de 800 personnes du secteur Lac-à-la-Tortue et d'Hérouxville - a permis de désamorcer complètement une controverse avant même que des questions à ce sujet soient posées par les propriétaires concernés. Il est bien sûr question de la facture d'asphaltage, qui sera finalement refilée aux propriétaires touchés alors qu'initialement, elle devait être assumée par l'ensemble des contribuables de la ville.

Des questions à ce sujet avaient été posées en assemblée du conseil municipal, des lettres d'opinions avaient été publiées dans nos pages. Plusieurs propriétaires ne digéraient pas cette volte-face de la Ville, justifiée en bonne partie par une aide financière plus généreuse accordée dans le cadre du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées.

S'attendant à être interpellé une fois de plus à ce sujet, Michel Angers a abordé la question de front, devançant les questions et fournissant toute l'information, tableaux à l'appui, pour expliquer le raisonnement adopté par le conseil municipal. Même si le principe demeure discutable, il a pu démontrer que la décision du conseil était la plus avantageuse dans les circonstances, tant pour la Ville que pour les propriétaires. 

Ce n'est pas la première fois que le maire Angers tient de tels exercices de communication. Sur la question de l'approvisionnement en eau potable, pas moins de 1500 personnes avaient été conquises en octobre 2010. Dans les différents secteurs de la ville, les assemblées de consultation et d'information sur les changements de noms de rues avaient préparé le terrain et contribué à bonifier l'acceptabilité du projet. Le processus, rappelons-le, avait été bouclé par la tenue d'une autre grande assemblée d'information à l'Auberge Gouverneur. Il y a aussi eu les séances d'information sur le projet récréotouristique à Saint-Jean-des-Piles ou, plus récemment, celles sur le projet de tour à condos sur l'avenue des Cèdres. 

Cette stratégie de communication convient parfaitement à Michel Angers. Habile communicateur, ses expériences passées dans le monde syndical et dans les instances de développement économique lui ont aussi permis de peaufiner sa technique et sa capacité de convaincre, de rassembler.

Les citoyens qui participent à de telles séances d'information voient souvent comme un privilège le fait de pouvoir poser leurs questions au maire directement, et le fait aussi d'avoir devant eux les personnes compétentes pour fournir des informations pertinentes et précises.

À Trois-Rivières, il faut remonter aux assemblées d'information sur l'amphithéâtre, tenues en juin 2010 à la bâtisse industrielle, pour trouver une expérience semblable. Avec des résultats somme toute très positifs à l'époque. Au cours des dernières années, bien des projets auraient mérité semblable traitement. Et avec les qualités de vendeur qu'on reconnaît à Yves Lévesque, cela pourrait donner des réussites surprenantes en matière de communication.

Un tel exercice, quand il est bien mené, permet d'apaiser les craintes ou la colère reliées à un dossier spécifique. Il restera toujours des mécontents, mais au moins ils ne pourront pas dire qu'ils n'ont pas toute l'information. 

Du même coup, ça peut devenir un antidote au cynisme envers les dirigeants politiques. Une saine communication enlève une bonne partie des présomptions de cachotteries, de magouilles, de favoritisme. Et ça témoigne surtout d'un respect envers la population.




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