Mettre la culture au goût du jour

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Le ministre de la Culture et des Communications du Québec, Luc Fortin, présentait mardi son projet de politique culturelle. On voit ici des artistes participant à Danse Encore à Trois-Rivières.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Le ministre de la Culture et des Communications du Québec, Luc Fortin, présentait mardi son projet de politique culturelle. Essentiellement, on cherche à rafraîchir les grands principes énoncés dans la politique de 1992 et à lancer une consultation sur les actions qui pourraient découler de ce document d'orientation. Après vingt-cinq ans, l'exercice s'imposait. Reste à voir ce qui ressortira de cette démarche.

Élaborer une politique culturelle est un exercice qui consiste souvent à coucher sur papier une série de voeux pieux. C'est la façon d'y donner suite qui, de façon plus concrète, a une réelle influence sur les actions des créateurs, des diffuseurs et des partenaires. 

Le cas de Trois-Rivières est assez évocateur à ce chapitre. Non seulement la Ville a fait figure de pionnière en étant parmi les premières à se doter elle-même d'une politique culturelle «locale», mais elle a toujours su tirer avantage des ententes de développement culturel qu'elle conclut avec le ministère de la Culture et des Communications, notamment pour déployer différents outils en lien avec le contenu des politiques culturelles respectives.

La version 2017 de la politique culturelle du gouvernement du Québec s'appuie, donc, sur les grands principes de celle présentée par Liza Frulla en 1992. Afin de remettre le tout au goût du jour, une vaste démarche de consultation publique a été déployée dans toutes les régions du Québec auprès des citoyens, des organismes issus des milieux artistiques, culturels et de la langue, des communautés autochtones, des ministères, organismes et sociétés d'État, ainsi que des partenaires municipaux.

Au total, 320 intervenants, citoyens, organismes, regroupements et instances municipales ont soumis des recommandations, et plus de 900 personnes ont assisté aux consultations. On a aussi recensé près de 3000 réponses au questionnaire en ligne et plus de 450 mémoires déposés.

Quatre grandes orientations émanent de ce projet de politique culturelle: s'épanouir individuellement et collectivement grâce à la culture; façonner un environnement propice à la création et au rayonnement des richesses culturelles du Québec; dynamiser la relation entre culture et territoire; et miser sur la culture et les communications pour le développement économique du Québec.

Et probablement parce que la culture est un sujet sensible sur lequel il est toujours important d'avoir le pouls du milieu, les représentants du ministère tiendront un forum de consultation les 5 et 6 septembre à Montréal. La population et les intervenants culturels peuvent aussi réagir en ligne au projet de politique culturelle d'ici le 6 septembre. 

Il est trop tôt pour voir si le ministère mettra en application certaines des suggestions qui ont été faites par les représentants de la Ville de Trois-Rivières, qui ont soumis un mémoire assez étoffé dans la démarche consultative. Mais il y a certainement des pistes d'actions dont Québec doit tenir compte, notamment la nécessité de revenir à des ententes de développement culturel triennales et non annuelles.

À juste titre, les représentants de la Corporation de développement culturel insistent sur le fait qu'«il devient très difficile de planifier et de coordonner le développement culturel sur un territoire donné sur une aussi brève échéance qu'une année». Difficile, aussi, d'établir des partenariats durables dans un tel contexte. Dans un même ordre d'idées, les représentants trifluviens réitèrent l'importance de pérenniser les différents programmes d'aide, afin de favoriser un maintien de la qualité de l'offre culturelle.

Trois-Rivières sait de quoi elle parle quand il est question de culture. En 2014, l'investissement en arts et culture était de plus de 19 millions $, soit 146 $ par habitant. Il serait important que Québec tende l'oreille et tienne compte des suggestions trifluviennes qui sont déjà sur la table.




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