La gratuité comme solution

La piscine du parc Jean-Béliveau... (Andréanne Lemire)

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La piscine du parc Jean-Béliveau

Andréanne Lemire

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières s'apprête à faire volte-face, du moins en partie, dans sa décision d'harmoniser la tarification pour la fréquentation de la piscine du parc Jean-Béliveau. Le maire Yves Lévesque a fait part jeudi de sa volonté de couper la poire en deux et de réduire de moitié le tarif imposé pour profiter de cette pataugeoire, qui n'a rien à voir avec les autres piscines publiques du territoire.

C'est vrai que c'était absurde de mettre cette barboteuse dans un même panier que la piscine du parc de l'Exposition. Au parc Jean-Béliveau - que bon nombre de citoyens connaissent encore comme étant le parc des Pins -, il n'y a pas un mètre d'eau dans la piscine. Pas de plongeoir, pas de glissade.

C'est presque un «jeu d'eau»...

Les jeux d'eau, sur le territoire de la ville, sont gratuits.

Même si le maire et la Ville font preuve de magnanimité en abaissant le tarif d'entrée à la pataugeoire du parc Jean-Béliveau, il faut se demander si on n'aurait pas pu, plutôt, envisager la solution de la gratuité pour l'ensemble des piscines publiques de la ville.

Ce n'est pas la première fois que la question est soulevée. D'ailleurs, avant de confier la gestion et la surveillance de ses piscines au privé, en 2015, la Ville comptait déjà plusieurs piscines où l'accès était gratuit. Il a fallu harmoniser les tarifs pour faciliter cette nouvelle façon de gérer les activités liées à la baignade en saison estivale.

Or, voilà que la volonté du maire - basée sur une considération judicieuse, il faut le dire - ramène le problème des niveaux de tarification différente selon les installations.

Le maire Lévesque a indiqué que les frais d'entrée ne permettent de récolter qu'environ 50 000 $ par année. Ce montant est empoché par l'entreprise Sport Max, qui assure la gestion et la surveillance des piscines trifluviennes. Les utilisateurs, en quelque sorte, ne financent que 7 % des coûts d'opération des piscines.

Les utilisateurs des bibliothèques, des pistes cyclables ou des jeux d'eau, financent zéro pour cent des coûts d'opération ou d'entretien de ces équipements.

Il serait temps d'envisager sérieusement la gratuité. Comme on l'a fait à Saguenay, Lévis, Gatineau, Saint-Hyacinthe, Montréal, Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke, Repentigny, Salaberry-de-Valleyfield ou Saint-Lambert. Ces villes ont fait le choix de rendre gratuit l'accès aux piscines extérieures, sachant que les utilisateurs proviennent souvent de familles à plus faible revenu qui, justement, n'ont pas les moyens d'avoir une piscine chez eux.

Jeudi, le maire indiquait que la fin de la gratuité émanait de la réglementation provinciale qui exige désormais que les municipalités déclarent les points d'eau de plus de 60 centimètres de profondeur comme étant des piscines. Ce n'est vrai qu'en partie. La fin de la gratuité vient aussi et surtout de la volonté de la Ville de maintenir des revenus - minimes - provenant des piscines. Revenus qui ne vont même pas dans ses coffres, rappelons-le.

Trois-Rivières nage dans les surplus depuis plusieurs années. Depuis 2007, la Ville a dégagé plus de 100 millions $ en surplus. Pour l'exercice 2016, l'excédent était de 11,2 millions $. La situation financière de la Ville serait-elle vraiment compromise si on prenait 50 000 $ pour compenser les revenus des piscines dans le cas d'une éventuelle gratuité? Cinquante mille dollars, c'est 0,4 % d'un surplus de 11,2 millions $...

Et comme le maire l'a si bien dit pour rejeter l'argument selon lequel la piscine du parc Jean-Béliveau se trouve dans un des secteurs les plus pauvres de Trois-Rivières: il se trouve des personnes en situation de pauvreté dans tous les secteurs de la ville. Alors si on veut vraiment parler d'équité, on pourrait très bien le faire en fonction d'un accès gratuit dans toutes les piscines de la ville. 

Quitte à ce que le prochain surplus ne soit que de 11 150 000 $ au lieu de 11 200 000 $.




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