Le dialogue de sourds

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Olivier Croteau)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Olivier Croteau

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) C'est un énième rebondissement dans la saga des services et des équipements supralocaux à Shawinigan.

Après s'être résigné à appliquer le principe de l'utilisateur-payeur, avec ce que cela implique en hausses de tarifs pour les activités sportives, notamment, le maire de Shawinigan a tenté de refiler une partie de la gestion administrative des inscriptions à ses collègues des municipalités voisines.

Bon nombre d'entre eux, peut-être encore amers, opposent une autre fin de non-recevoir à leur voisine, qu'ils jugent cavalière et gourmande.

Pourtant, jusqu'à maintenant, les maires des municipalités entourant Shawinigan ont obtenu essentiellement ce qu'ils voulaient. Le fait de rejeter du revers de la main la demande de Shawinigan selon laquelle ces administrations locales pourraient gérer les inscriptions et rembourser les utilisateurs démontre certainement un peu de mauvaise foi.

Il serait certainement plus simple pour les citoyens non résidents de s'inscrire auprès de leur municipalité et de fournir la liste d'inscriptions à Shawinigan, qui pourrait en retour facturer chaque municipalité selon le nombre d'inscrits aux activités.

Il appartiendrait à ces municipalités de payer la facture et de fixer le coût qu'elles exigent à leurs résidents en appliquant, s'il y a lieu, une réduction en fonction de l'aide financière qu'elles sont disposées à offrir.

C'est la façon de faire que souhaitait le maire Michel Angers. Mais ses collègues des municipalités voisines rechignent. Ils ne veulent pas prendre en charge la gestion des inscriptions et la perception.

Il est vrai que les petites municipalités ont moins de ressources que la grande ville avec sa fonction publique bien garnie pour ce genre de tâches administratives. Mais on ne parle pas de centaines d'inscriptions non plus. L'argument de la lourdeur de la tâche ne tient pas la route.

Les maires des municipalités périphériques souhaitent simplement que les citoyens qui s'inscrivent à Shawinigan payent directement les frais à la Ville. Est-ce une façon pour elles d'éviter de porter l'odieux d'une facturation dont ils ne sont pas responsables directement? Chose certaine, pour le contribuable, il serait assurément plus simple de n'avoir qu'une transaction à faire plutôt que de s'inscrire et de payer à Shawinigan, puis de réclamer une portion à leur administration municipale.

Mais c'est de nouveau un dialogue de sourds entre la ville-centre et les municipalités voisines.

Le maire Angers disait souhaiter une collaboration des municipalités périphériques pour offrir des services de loisirs qu'elles ne peuvent offrir elles-mêmes. «Si des gens ne veulent pas collaborer, s'ils pensent que ça ne vaut pas la peine d'assumer des frais d'administration pour leurs propres citoyens, ça leur appartient. Je ne m'immiscerai pas dans leur façon de faire, mais ils ne me diront pas quoi faire», insiste-t-il.

De l'autre côté, des maires de municipalités voisines tiennent un discours aussi rigide et semblent tout aussi inflexibles. Le maire de Grandes-Piles, par exemple, a mentionné de vive voix au maire Angers qu'il ne facturera pas ses citoyens à sa place. «Ce n'est pas à nous de gérer ses affaires. Il peut m'envoyer une caisse de factures, je n'en paierai pas une!», a-t-il commenté.

Alors qu'on pensait que l'épisode des supralocaux tirait à sa fin et qu'on pourrait enfin tourner la page, force est de constater qu'il n'en est rien. Tant que les parties seront braquées sur leurs positions respectives, ce sont les citoyens qui seront punis.

Et ça, c'est franchement déplorable.




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