Interminable et préoccupant

L'usine d'Alerie fermée depuis neuf ans.... (François Gervais)

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L'usine d'Alerie fermée depuis neuf ans.

François Gervais

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le mois prochain, cela fera neuf ans que l'usine Aleris a fermé ses portes. Cela fera aussi neuf ans que cette fermeture, puis la demi-démolition qui a suivi laissent une plaie béante dans le paysage urbain du secteur Cap-de-la-Madeleine. Plus le dossier de la démolition et de la décontamination s'étire, plus on en apprend sur les raisons de cette interminable saga. Il serait grand temps de donner l'heure juste et, surtout, d'en finir avec ce dossier.

Le dossier d'Aleris revient sporadiquement dans l'actualité et c'est rarement pour des bonnes nouvelles. Cette semaine, ce sont les élus trifluviens qui ont fait part, une fois de plus et avec raison, de leur exaspération. C'est un scénario qui se répète, invariablement, depuis la fermeture ou presque.

Il est inconcevable de constater, dans ce dossier, l'impuissance du ministère de l'Environnement. À moins qu'il ne s'agisse d'un manque de volonté. Parce que jusqu'à maintenant, on a beau nous dire que le ministère prend le dossier au sérieux, les résultats sur le terrain tendent plutôt à démontrer le contraire.

Ce n'est probablement pas l'ordonnance de réhabilitation qui a été émise mercredi par le ministère de l'Environnement qui va faire avancer quoi que ce soit. Alcoa et le propriétaire actuel, Tim Martinez, ont tout le loisir de contester cette procédure et de repousser une fois de plus la décontamination.

Ce qui est préoccupant, dans le dossier d'Aleris, c'est de voir comment cette situation est devenue complexe et confuse au fil des ans. Le gouvernement a dépensé plus de 10 millions de dollars pour surveiller le site et tenter de trouver des coupables, sans que rien ne bouge de façon significative ou encourageante sur le terrain de la rue Saint-Laurent.

Il y a bien eu des travaux, notamment pour caractériser le site, exploiter les systèmes de pompage de l'eau souterraine et de récupération des hydrocarbures, décontaminer des bâtiments et éliminer des quantités importantes de matières dangereuses et de débris de démolition. Mais présentement, ce n'est pas ce qu'on retient quand on regarde la bâtisse éventrée, le terrain non entretenu et les débris de toutes sortes.

Et si les propos du vice-président de Recyclage Arctic Beluga, René Fugère, concernant les coûts associés à la décontamination du bâtiment sont fondés, il y a un sérieux problème. Selon ce dernier, la reprise de ces travaux, en 2014, a coûté plus de 5 millions $ alors que s'ils avaient été complétés en vertu du premier contrat accordé à cet effet, on en aurait été quitte pour 500 000 $.

Fidèle à ses habitudes, le ministère de l'Environnement n'a pas répondu aux demandes d'entrevue. Mais il serait plus que temps que l'on donne l'heure juste dans ce dossier, puisque l'information qui circule est inquiétante. Comment peut-on en arriver à payer dix fois plus pour des travaux interrompus?

La situation actuelle démontre enfin les limites liées à l'application du principe du pollueur-payeur. Pour que l'on puisse procéder rapidement et efficacement, il faudrait peut-être retenir la suggestion du député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui insiste sur le fait que le ministère devrait réaliser les travaux et refiler, si nécessaire, les factures aux personnes concernées. Quitte à devoir aller devant les tribunaux après coup. Au moins le travail serait fait.

Il faut non seulement terminer la démolition et la décontamination de l'ancienne usine, mais faire la lumière sur la question des contrats et des coûts. C'est une question de respect envers la Ville et la population.




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