Le bas du Cap à l'abandon

Le déménagement annoncé du magasin Canadian Tire de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le déménagement annoncé du magasin Canadian Tire de la rue Fusey vers les Galeries du Cap est peut-être beaucoup plus lourd de conséquences que ce qu'on pourrait croire.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Le déménagement annoncé du magasin Canadian Tire de la rue Fusey vers les Galeries du Cap est peut-être beaucoup plus lourd de conséquences que ce qu'on pourrait croire. Ce départ risque de porter un coup qui pourrait être fatal à la fonction commerciale du bas du Cap, qui s'effrite comme une peau de chagrin depuis quelques années déjà.

Au cours des trois dernières décennies, l'axe commercial formé des rues Fusey, Saint-Laurent et Sainte-Madeleine a perdu des joueurs majeurs qui ont laissé des plaies dans le tissu commercial, industriel et institutionnel de ce qu'on appelle encore le bas du Cap.

Aleris a fermé ses portes. L'église Sainte-Marie-Madeleine est à l'abandon. La Caisse Desjardins de l'Est de Trois-Rivières a fermé son centre de services Sainte-Famille. Le CLSC du Rivage n'occupe plus le 20 Notre-Dame Est et le centre Cloutier-Du Rivage compte beaucoup moins d'employés.

Les banques ont fait place à une garderie et à un magasin d'aliments naturels. Un supermarché est devenu un magasin de liquidation. Des commerces à grande surface comme Croteau, Morin et Frères ou Explosion ont fermé leurs portes. Les restaurants vivotent. Les commerces pour petits budgets poussent comme des champignons.

Sur le plan social, les premiers quartiers du secteur Cap-de-la-Madeleine, qui se déploient autour de ces trois axes de circulation, affichent des problématiques importantes: population âgée, ménages avec un faible revenu, forte proportion de familles monoparentales, criminalité en hausse.

Depuis la fusion, ce secteur de la nouvelle ville de Trois-Rivières a été pratiquement laissé à l'abandon. Les Madelinois ont toujours l'impression que les autorités municipales n'en ont que pour le centre-ville, pour Trois-Rivières sur Saint-Laurent ou pour le District 55. Ils n'ont pas tout à fait tort. C'est vrai que les investissements se font ailleurs que le long de la 138 dans l'est de la ville.

Sur le plan commercial, la disparition d'un géant comme Canadian Tire viendra faire diminuer considérablement le montant dépensé annuellement dans le secteur de la rue Fusey.

Une récente étude commandée par la Société de développement commercial de Trois-Rivières estimait que ce sont 38,6 millions $ qui sont dépensés annuellement dans cette zone. C'est 3 % des dépenses commerciales des Trifluviens sondés.

À titre de comparaison, le secteur des Récollets reçoit 340 millions $ (28 % des dépenses), le boulevard Jean-XXIII reçoit 136 millions $ (11 %), le secteur du boulevard des Forges reçoit 249 millions $ (21 %). Dans l'est de la ville, c'est le secteur des rues Vachon et Barkoff qui affiche la meilleure performance commerciale avec 107 millions $ (9 % des dépenses).

La zone commerciale formée par les rues Fusey et Sainte-Madeleine n'attire plus les consommateurs. Les commerces qui s'y trouvent sont essentiellement des commerces de proximité.

Le secteur a besoin d'un électrochoc. 

Au lieu de travailler dans un processus continu pour maintenir une activité commerciale cohérente dans ce secteur - ce qu'elle aurait dû faire depuis la fusion -, la Ville de Trois-Rivières doit aujourd'hui réparer des pots cassés. Peu de temps après la fusion, le conseil municipal avait coupé les vivres à l'organisme «Rues principales», qui travaillait fort pour améliorer le portrait commercial et le cadre urbain à l'est de la rivière Saint-Maurice. Tout cela est à refaire. 

Ce n'est pas en étendant aux premiers quartiers de Cap-de-la-Madeleine les programmes d'aide financière à la rénovation résidentielle qu'on réglera le problème. L'idée d'un plan d'action pour le secteur, défendue par le candidat à la mairie Jean-François Aubin, est intéressante.

Il est devenu urgent de prendre les moyens pour non seulement maintenir une activité économique significative, mais aussi pour revitaliser ces secteurs traversés par un axe de circulation majeur de Trois-Rivières.




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