Les hurluberlus sont aussi touristes

André Nollet, directeur général de Tourisme Mauricie.... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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André Nollet, directeur général de Tourisme Mauricie.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

On peut comprendre que le directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet, se doit de défendre les intérêts des organismes et des entreprises membres du regroupement qu'il dirige depuis quatorze ans.

Mais était-ce vraiment nécessaire de traiter d'hurluberlus les personnes de Montréal qui critiquent les rodéos et qui tentent de faire avorter la présentation d'un rodéo urbain dans la métropole, dans le cadre des festivités entourant son 375e anniversaire?

La dernière chose que l'on attend du directeur général de l'organisme qui fédère les principaux intervenants touristiques de la région, c'est de cracher sur ceux et celles qui croient que la tenue de rodéos va à l'encontre du bien-être des animaux. Et du même coup de faire un amalgame douteux sur le fait que ces personnes ne sont que des hurluberlus de Montréal qui «ne comprennent rien».

On peut être pour ou contre la tenue de rodéos. L'idée ici n'est pas de revenir sur le sujet, puisque de nombreuses opinions ont été exprimées dans ces pages, notamment dans des éditoriaux. Nous vivons à une époque où on critique de plus en plus les activités qui impliquent des animaux.

Notre région est directement touchée au moins deux fois par an, alors que se font entendre ceux qui voient une forme de cruauté animale dans la tenue de rodéos à Saint-Tite ou de courses au cochon graissé à Sainte-Perpétue. C'est un sujet à la mode.

L'idée, ici, c'est plutôt d'appeler les responsables touristiques et ceux du Festival à un peu plus de mesure dans leurs propos et dans les gestes qu'ils posent. 

S'il est légitime de se défendre face à toutes les critiques qui circulent, notamment sur les réseaux sociaux, il ne faut toutefois pas tomber dans l'insulte et la grossièreté, comme l'a fait le directeur général de Tourisme Mauricie, ou dans l'exagération, comme l'ont fait les dirigeants du Festival western.

Comment? En s'appropriant maladroitement la formule «Je suis [...]», consacrée par les nombreux attentats terroristes survenus un peu partout sur la planète: Je suis Charlie, Je suis Bruxelles, Je suis Paris, Je suis Orlando, Je suis Manchester... La semaine dernière, les organisateurs du Festival western sont arrivés avec l'idée de porter des t-shirts ou de diffuser des messages avec un logo qui indique «Je suis rodéo». Ce n'est pas l'idée du siècle.

Toutes les fois où le slogan ou le mot-clic «Je suis [...]» a été utilisé depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, c'était pour déplorer des attentats tragiques, dans lesquels il y a eu mort d'hommes et de femmes. Ici, on lui donne une valeur émotive parce que des gens «attaquent» les pratiques ou la réputation des rodéos? Ça ne tient pas la route et c'est à la limite du mauvais goût, même si on comprend l'idée de vouloir créer un sentiment de solidarité envers l'événement.

Il est tout à fait normal que l'organisation du Festival refuse de s'en laisser imposer par cette requête en injonction déposée par le professeur Alain Roy, de l'Université de Montréal, visant à faire annuler la présentation d'un rodéo à Montréal.

Il est normal aussi que d'autres partenaires du secteur touristique veuillent témoigner leur solidarité envers un événement qui est critiqué. Mais ce n'est pas en insultant les personnes qui pensent autrement qu'on donne une impression de région accueillante et tolérante. 

Parmi ces «hurluberlus qui ne comprennent rien», il y a sans doute des touristes potentiels, ne l'oublions surtout pas.




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