Le Fonds à la rescousse du bois?

Avec la crise qui frappe l'industrie forestière, il...

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Avec la crise qui frappe l'industrie forestière, il pourrait être sage de demander une modification aux critères et à la portée du Fonds de diversification. Ne pourrait-on pas réserver spécifiquement une part des quelque 100 millions $ restants à l'industrie du bois et à la recherche et au développement dans ce créneau spécifique?

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

À l'heure où on se demande quelle forme et quelle envergure pourrait prendre l'aide du fédéral à l'industrie du bois d'oeuvre, il pourrait être intéressant d'amorcer chez nous, dans notre propre cour, une réflexion sur des initiatives qui pourraient stimuler ou diversifier ce secteur névralgique de l'économie de la région.

Le Fonds de diversification du Centre-du-Québec et de la Mauricie, mis en place dans le cadre de la fermeture de Gentilly-2, pourrait être au coeur de cette réflexion.

Pourquoi? Parce qu'on dirait que ce fonds commence à montrer de sérieux signes d'essoufflement. Et qu'il pourrait être un formidable levier pour l'industrie forestière, au point d'en faire un créneau d'excellence pour la région. 

Il resterait autour de 100 millions $ dans le Fonds. Plus rien pour les secteurs autres que le noyau formé par Trois-Rivières et Bécancour. Les annonces d'investissements dans le cadre de ce Fonds se font plus rares. Bien sûr, il n'y a rien qui presse. Le Fonds n'est pas assujetti à un quelconque échéancier.

Mais avec la crise qui frappe l'industrie forestière, il pourrait être sage de demander une modification aux critères et à la portée du Fonds de diversification. Ne pourrait-on pas réserver spécifiquement une part des quelque 100 millions $ restants à l'industrie du bois et à la recherche et au développement dans ce créneau spécifique?

C'est toute la région qui est secouée par la crise du bois d'oeuvre. Heureusement, il y a des projets intéressants pour le secteur de la forêt. La valorisation de la biomasse forestière, en Haute-Mauricie, a déjà franchi des étapes de développement importantes.

Plus au sud, le Centre de recherche sur les matériaux lignocellulosiques - anciennement le Centre intégré en pâtes et papiers -, s'intéresse à ces nouveaux créneaux porteurs que sont la bioénergie et la biotechnologie.

Des chaires de recherche sur la bioéconomie et la bioénergie, sur les ressources forestières et les usages du bois pourraient être de précieux partenaires pour des investisseurs ou des entrepreneurs intéressés à développer le secteur du bois. 

Un éventuel «sous-Fonds» dédié à l'industrie du bois et aux nouvelles technologies associées à la forêt pourrait servir à des initiatives en recherche, en innovation et en transformation de matière ligneuse.

Cela implique une plus grande patience dans l'utilisation des sommes disponibles. Les projets en cette matière ne tomberaient pas sur le bureau de la ministre demain matin. Mais tant qu'à attendre encore des projets ou tant qu'à subventionner des tours d'observation au bout d'un quai, on pourrait donner une plus-value, une sorte d'étiquette à ce Fonds de diversification.

Ça ne demanderait pas grand-chose, en fait. Un peu de volonté politique, une mobilisation du milieu économique régional. Rien de plus.

Le Fonds de diversification écononomique avait déjà pour objectifs de favoriser le démarrage et le développement de projets d'entreprises, ainsi que de développer de nouvelles industries tournées vers l'avenir.

Les projets admissibles doivent s'inscrire dans les priorités et orientations du Plan de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie et ainsi contribuer à stimuler l'entrepreneuriat, soutenir les PME, encourager l'investissement dans les secteurs porteurs d'avenir pour ces régions.

Il suffit de croire et de confirmer que la forêt peut devenir un secteur d'avenir, quitte à se décoller du vieux modèle monolithique de l'industrie du bois d'oeuvre, comme on est en train de le faire pour l'industrie papetière.

La ressource, la matière première est toujours là. Qu'elle le veuille ou non, la Mauricie sera toujours une région où la forêt a un rôle essentiel dans l'économie. Il serait peut-être temps de faire entrer ce pan de notre économie dans le vingt et unième siècle.




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