Les défis du vieillissement

Trois-Rivières est la capitale canadienne du vieillissement.... (La Presse)

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Trois-Rivières est la capitale canadienne du vieillissement.

La Presse

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

La publication de statistiques sur la démographie n'en finit plus de nous rappeler que Trois-Rivières, Shawinigan et la Mauricie dans son ensemble sont toujours dans le haut de la liste en ce qui a trait au vieillissement de la population.

Les plus récentes données du recensement de 2016 viennent d'ailleurs coiffer Trois-Rivières d'un nouveau titre, celui de capitale canadienne du vieillissement. Un tel titre, aussi peu enviable soit-il, doit entraîner une réflexion et des actions concrètes.

Selon Statistique Canada, la région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières est celle qui, parmi les 33 agglomérations de plus de 100 000 habitants du pays, affiche la plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus. À Trois-Rivières, ce taux est de 22,3 %, alors qu'à l'échelle nationale, il est de 16,9 %. Et en comparaison, il est de 11 % à Calgary, ce qui est deux fois moins élevé que dans la métropole mauricienne.

Le plus inquiétant, c'est que ce pourcentage, pour la RMR de Trois-Rivières, est en hausse considérable par rapport aux données précédentes, celles de 2011. À ce moment, le taux de personnes de 65 ans et plus était de 19,4 %.

Les données ne sont guère plus réjouissantes pour l'agglomération de recensement (AR) de Shawinigan, qui affiche un taux de 26,4 % de personnes âgées de 65 ans et plus. C'est dans la queue du peloton à l'échelle canadienne. Et au Québec, seulement deux autres agglomérations de recensement ont un taux plus élevé: Thetford Mines (28,1 %) et Sorel-Tracy (26,7 %).

Les administrations municipales doivent évidemment tenir compte de ces données dans leur offre de services et dans le développement de projets résidentiels.

D'ailleurs, la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) observe que la tendance au vieillissement entraînera au cours des prochaines années une transformation du marché de l'habitation dans la région. Cela pourrait bien vouloir dire un ralentissement des mises en chantier, un domaine où Trois-Rivières avait l'habitude de performer.

Les villes et municipalités verront sans doute leur rôle et leurs défis modifiés par ce vieillissement de leur population. Plusieurs villes, dont Trois-Rivières, ont déjà un plan d'action dans le cadre du programme québécois des Municipalités amies des aînés. On y trouve plusieurs actions concrètes pour offrir des services adéquats aux aînés. 

Certaines villes du Québec ont mis en place des comités consultatifs des aînés afin de mieux adapter les différentes politiques aux besoins de la population âgée. Ça pourrait être une idée intéressante. 

Mais au-delà de servir adéquatement la population plus âgée, certaines actions devront être ajoutées et certaines politiques municipales devront être adaptées si on veut aussi freiner la tendance au vieillissement. Il faudra que les villes se donnent les moyens d'attirer chez elles les jeunes familles.

À Trois-Rivières, par exemple, on mise beaucoup sur le retour dans la région de retraités qui en sont originaires. Cette «clientèle» n'a généralement aucune difficulté à s'acheter une maison ou un condo ni à payer plus de 3000 $ de taxes municipales annuellement.

Mais pour une jeune famille qui en est à l'achat d'une première propriété, le coût des taxes annuelles peut constituer un facteur repoussant. Ce n'est pas pour rien que les petites municipalités environnantes attirent davantage de jeunes propriétaires.

Le défi est grand. Et il mérite qu'on s'y attelle rapidement.




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