Le déficit d'information

Yves Lévesque... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Yves Lévesque

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

La Ville de Trois-Rivières a beau dégager des surplus budgétaires presque indécents année après année, il y a au moins un domaine où on est en situation de déficit et c'est celui de l'information et des communications.

Comment est-il possible que l'information circule aussi mal à l'intérieur même de l'hôtel de ville, mais aussi et surtout entre les élus et les citoyens? Comment des élus peuvent-ils à ce point craindre d'informer adéquatement la population?

Comment un maire peut-il refuser de tenir une assemblée d'information sur le projet associé au plus important règlement d'emprunt de l'histoire de la ville fusionnée? Comment se fait-il qu'on ne retrouve pas, sur le site web de la Ville, les informations pertinentes sur les tenues de registre ou les avis publics de quelque nature qu'ils soient?

Il y a des moments où on croirait être dans une république de bananes.

Les exemples récents de lacunes en matière d'information sont nombreux. D'abord, à l'intérieur même de l'appareil municipal, il n'est pas normal d'avoir procédé à l'affichage interdisant les motos sur une portion de la rue des Forges sans que le règlement à cet effet ait été adopté ou modifié par le conseil.

Il n'est pas normal non plus d'avoir laissé déraper un message qui s'est déformé grâce au prisme des médias sociaux. En un rien de temps, Trois-Rivières était devenue une ville qui tyrannise les motocyclistes, ce qui est loin d'être le cas. 

Toujours à l'interne, on s'explique encore mal cet épisode par lequel le conseil municipal a voulu nommer une rue en hommage à Henri Audet alors que ce nom avait déjà été donné à une autre artère, par le biais d'une résolution en bonne et due forme, un an et demi plus tôt. Vraisemblablement, l'information n'avait pas circulé. 

Mais là où les problèmes de communication sont les plus manifestes, c'est entre la Ville et la population. Plus tôt cette semaine, le maire Yves Lévesque a fermé la porte à la tenue d'une assemblée d'information au sujet du projet de Colisée. Avec près de 1500 personnes qui se sont déplacées pour signer le registre associé au règlement d'emprunt, le maire aurait pu saisir la balle au bond et tenir une telle opération d'information, disant à la population qu'il a bien entendu le message.

Quand elles sont bien menées, de telles assemblées d'information peuvent apaiser les craintes. Il restera toujours des mécontents, mais au moins ils ne pourraient pas dire qu'ils n'ont pas toute l'information.

En juin 2010, les assemblées d'information pour le projet d'amphithéâtre, tenues à la bâtisse industrielle, avaient été assez concluantes. Des citoyens réticents ont admis que l'exercice avait été éclairant.

Mieux encore, le directeur général de l'époque, Michel Byette, avait sagement indiqué que «les séances d'information ont permis à la Ville de clarifier une série de choses et de voir où se situent les préoccupations des gens.» Il a ajouté que lui et ses collègues ont pris des notes afin d'aller plus loin sur certains aspects, notamment le bruit, le stationnement et le suivi des budgets.

Pourquoi n'aurait-on pas pu voir un semblable exercice pour le Colisée? Shawinigan l'a fait pour sa toponymie et aussi pour le projet d'assainissement des eaux dans le secteur Lac-à-la-Tortue. Bien d'autres villes le font. À défaut de consulter en amont des projets, le conseil municipal trifluvien pourrait au moins s'assurer de fournir une information claire et complète. C'est loin d'être le cas. La population a souvent l'impression qu'on fait les choses en catimini.

D'ailleurs, c'était assurément une mauvaise idée, pour le maire et la haute direction de la Ville, de s'enfermer derrière des portes closes avec ces résidents du secteur Saint-Louis-de-France touchés par les refoulements d'égouts. Une claque en pleine face pour la liberté de presse et pour le droit du public à l'information.

Ça peut finir par être dangereux de laisser de tels exemples se multiplier.




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