Surtout, ne pas s'entredéchirer!

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Mario Lamontagne, président de la CCIS, en compagnie de son directeur général, Martin St-Pierre.

Sylvain Mayer

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Intéressante, cette idée de voir les chambres de commerce de la région jouer un rôle dans la mise en oeuvre du programme de subventions associé au Fonds d'appui au rayonnement des régions.

La Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan vient en effet de lever la main pour faire signe aux gouvernements municipaux et provincial qu'elle et les autres chambres de la région peuvent devenir cette instance neutre qui pourrait soutenir les élus dans le choix des projets à privilégier dans le cadre de ce programme encore embryonnaire.

Il est vrai que depuis que le gouvernement libéral a coupé les vivres aux conférences régionales des élus (CRE) et sonné le glas de plusieurs conseils locaux de développement (CLD), il reste bien peu d'organismes ayant une vocation régionale axée sur le développement économique.

Le nouveau Fonds d'appui au rayonnement des régions (FARR), annoncé à Bécancour en janvier dernier et confirmé dans le plus récent budget du ministre des Finances Carlos Leitão, sera destiné à l'ensemble des régions du Québec, à l'exception de celles de Montréal et de la Capitale-Nationale.

Les sommes qui y seront consacrées serviront entièrement au financement de projets de développement régionaux, déterminés selon les priorités de chaque région, et devront avoir un caractère distinctif régional.

L'enveloppe associée au FARR est de 30 millions $ pour 2017-2018. Elle sera majorée de 15 millions $ par année d'ici 2020-2021, pour atteindre un montant de 100 millions $ annuellement à compter de 2021-2022. 

Même si les régions n'ont encore aucune idée de la répartition de cette enveloppe, les acteurs régionaux commencent à saliver. Les règles précises ne sont pas encore connues, mais le programme prévoit que chaque région se dotera de son propre comité de sélection et pourra choisir les projets les plus porteurs, en fonction de priorités ou de créneaux qu'elle aura identifiés.

C'est là que ça risque de jouer du coude.

À partir du moment où il y a de l'argent qui tombe du ciel, il se trouvera nécessairement des élus ou des promoteurs qui voudront tirer la couverture de leur bord. Tout le monde voudra influencer ces fameux comités de sélection. 

Au fait, qui fera partie de ces comités? Jusqu'à récemment, ç'aurait été un levier facilement gérable par la Conférence régionale des élus. On y trouvait des maires représentant chaque MRC ou chaque ville ayant les pouvoirs d'une MRC. On y retrouvait aussi des représentants de la société civile. La CRE avait une crédibilité et une légitimité territoriale. 

Que le regroupement des chambres de commerce de la région veuille collaborer avec ce comité de sélection, c'est loin d'être une mauvaise idée. Les chambres de commerce ont une connaissance pointue du milieu économique et des acteurs de développement industriel, commercial ou professionnel.

Mais si les chambres de commerce sont là et qu'elles jouent un rôle de soutien au comité de sélection, d'autres groupes d'intérêt voudront y être aussi. Et c'est tout à fait légitime. Le milieu touristique, le secteur de l'éducation, les intervenants touristiques, le milieu communautaire, les groupes environnementaux, pour ne nommer que ceux-là, pourraient aussi réclamer une voix au chapitre. Et ils en seraient justifiés.

La semaine dernière lors de son séjour prolongé en Mauricie, le premier ministre Philippe Couillard a indiqué qu'il croyait «énormément» au potentiel des régions. Il estime que les élus locaux sont les mieux placés pour gérer le FARR et que le gouvernement ne décidera pas à la place de la population.

Les élus ont toute la légitimité pour hériter de cette responsabilité. Mais il serait certainement souhaitable de créer un contexte de concertation supralocale, idéalement neutre.

Que ce contexte soit coordonné par le regroupement des chambres de commerce, pourquoi pas? C'est mieux que pas du tout.




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