Le spectacle de l'opportunisme

Le maire Yves Lévesque... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire Yves Lévesque

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ceux qui en doutaient encore peuvent être rassurés: la campagne électorale est bel et bien commencée à Trois-Rivières. Et ceux qui n'étaient pas encore convaincus qu'Yves Lévesque solliciterait un cinquième mandat peuvent maintenant l'être. Deux événements tenus au cours des derniers jours ont pris des airs de lancement de campagne pour le maire. Et il ne faudra pas s'étonner de le voir saisir chaque occasion de visibilité au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Il y a bien sûr eu cette annonce concernant les travaux d'asphaltage et d'infrastructures de 30 millions $ qui seront réalisés un peu partout sur le territoire de la ville. Partout, nous prévient-on, on verra pousser des cônes orange, histoire de mieux rappeler à la population que ses élus et ses fonctionnaires travaillent pour elle...

Le maire s'est défendu de vouloir profiter de cette année électorale pour annoncer autant d'investissements sur le pavage des rues. Il rappelle que la Ville tire avantage des subventions disponibles dans le cadre de certains programmes gouvernementaux. Mais curieusement, les montants pour l'asphaltage n'étaient pas aussi élevés dans les trois premières années du mandat en cours.

Mais le moment le plus surréaliste de cette semaine à saveur électorale s'est produit mercredi, alors que le comité centre-ville devait faire le bilan des dix-huit derniers mois et présenter le plan d'action qui est présentement déployé pour améliorer le coeur commercial et touristique de la ville.

Ce comité avait vu le jour en 2015 en pleine période de soubresauts dans l'économie du centre-ville, particulièrement dans le secteur du commerce de détail. Il réunit des représentants de la Ville, de la Société de développement commercial (SDC), d'Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières et des corporations municipales liées aux événements et à la culture.

La rencontre de presse qui a eu lieu au Musée québécois de culture populaire devait donc faire le bilan des actions de ce comité, réalisées ou à venir. Mais pour une raison mystérieuse, la présentation est devenue un récit-fleuve de tout ce qui a été fait au centre-ville et dans l'arrondissement historique depuis la fusion. Et c'est Yves Lévesque lui-même qui a fait ce long soliloque, laissant peu de temps aux intervenants de la SDC et d'IDE pour faire part de ce qui devait être le coeur de cette présentation.

Bien sûr il s'est fait beaucoup de choses depuis quinze ans au centre-ville. Et des choses remarquables. Mais qu'y avait-il dans le discours du maire que nous ne savions pas déjà? À la rigueur, son discours de mercredi lors de cette trop longue rencontre de presse aurait pu être une présentation devant une chambre de commerce de la Beauce ou du Nouveau-Brunswick, comme il l'a déjà fait. 

Autre bizarrerie de cette présentation, l'espace accordé aux initiatives qui ont été déployées ou qui s'en viennent pour le secteur Est de la ville. Pourquoi devait-il être question des programmes de rénovations destinés aux propriétaires du bas du Cap quand on convoque la presse pour un bilan du comité Action centre-ville?

Le maire a beaucoup, beaucoup insisté sur les efforts déployés à l'est de la rivière Saint-Maurice. Et à travers ça, on n'a fait qu'évoquer des projets innovateurs ou porteurs comme le pôle technologique, la conversion de la grande maison blanche des Ursulines, l'espace d'urbanisme éphémère sur la rue Badeaux, le projet de transformation de l'édifice Ameau en résidence étudiante et quelques autres belles idées.

Difficile de croire que les gens de la SDC, de l'urbanisme et d'IDE Trois-Rivières avaient prévu une activité de présentation aussi hétéroclite, au cours de laquelle le maire devait prendre autant de place.

On dirait qu'il a plutôt saisi l'occasion de rappeler ce qui a été fait pendant ses trois lustres à la mairie et pour réitérer qu'avant lui, c'était le néant. Il ne se passait rien, on était pauvre et on était rendu à patcher les trottoirs avec de l'asphalte. 

On le connaît ce refrain.




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