Le budget du vent en poupe

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, serre la main... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre des Finances, Carlos Leitão, serre la main du premier ministre Couillard.

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

C'est le budget d'un Québec qui va plutôt bien. D'un Québec qui semble avoir le vent en poupe. C'est le budget d'un gouvernement dont les marges de manoeuvre ne sont plus nécessairement attribuables à l'austérité ou à la rigueur, mais plutôt à la conjoncture économique favorable. C'est le budget qui doit faire rougir d'envie d'autres gouvernements au pays.

Mais ça reste aussi un budget duquel émanent déjà des effluves d'élection. C'est à se demander de quoi aura l'air le prochain budget, en mars 2018, alors que le gouvernement sera en pleine année électorale...

Carlos Leitão a présenté mardi son troisième budget équilibré consécutif. Mais c'est certainement celui qui aura été concocté avec la plus grande légèreté. La situation économique globale du Québec est favorable à la redistribution de millions, voire de milliards de dollars dans des secteurs cruciaux comme l'éducation, la santé, l'enseignement supérieur et le développement économique.

Bien sûr, le cynisme fera dire à plusieurs que c'est facile de redistribuer après les années au cours desquelles on a tellement serré la vis qu'on a failli en émousser les filets. Mais il n'en demeure pas moins que le budget présenté mardi envoie un signal clair quant à la volonté de maintenir la bonne croissance économique.

Il redonne aussi directement - mais modestement - aux contribuables, même si ceux-ci ont subi de nombreux contrecoups de l'austérité par le biais de baisses d'impôt et du remboursement de la taxe santé. Et il est surtout conçu pour plaire à beaucoup de monde.

Sur le plan du développement économique, on avait surtout hâte de voir quelles mesures allaient favoriser les régions. Il était devenu lassant de n'entendre parler que du réseau électrique métropolitain (REM), du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal ou de l'implantation d'un service rapide par bus (SRB) à Québec. On en était venu à se demander s'il allait rester de l'argent pour les régions, pour leurs infrastructures, leurs entreprises, leurs institutions.

Avec des mesures qui ont souvent l'air impressionnantes parce que les montants annoncés sont artificiellement gonflés en raison d'une tendance à la répartition quinquennale, le gouvernement donne un peu de souffle aux régions et à leurs industries spécifiques.

L'annonce d'un investissement global de 522 millions $ sur cinq ans pour les régions est accueillie avec un soulagement qui dissimule encore une certaine amertume. Les régions, rappelons-le, se sont fait saccager leurs organes de développement et de concertation par ce même gouvernement.

Les libéraux arrivent cette fois avec un nouveau fonds d'appui au rayonnement des régions, de 310 millions $ au total mais 30 millions $ pour la prochaine année. C'est bon, mais on a hâte de voir comment cela se concrétisera.

Parmi les autres mesures qui auront un impact positif sur les régions, on note celles visant à favoriser l'entrepreneuriat, celles soutenant l'innovation dans les secteurs forestier (45,5 millions $) et agroalimentaire, celles qui touchent la Stratégie maritime ou le Plan Nord. Il ne faut pas non plus, dans une région comme la nôtre, négliger l'impact que pourraient avoir les sommes additionnelles octroyées à la recherche et à l'innovation dans les établissements d'enseignement supérieur.

Si toutes ces mesures portent les fruits escomptés, on en viendra peut-être à oublier que c'est aussi un budget visant à réparer les pots cassés par les années de compressions et d'austérité.




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