Saint-Maurice sans Laviolette

Maintenant qu'on nous a fait avaler de force...

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Maintenant qu'on nous a fait avaler de force la disparition de la circonscription de Saint-Maurice et qu'on a complètement massacré la cohérence territoriale de la région en redécoupant la carte électorale provinciale, on devrait s'intéresser à la dénomination de la nouvelle circonscription de Laviolette-Saint-Maurice. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué...

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Maintenant qu'on nous a fait avaler de force la disparition de la circonscription de Saint-Maurice et qu'on a complètement massacré la cohérence territoriale de la région en redécoupant la carte électorale provinciale, on devrait s'intéresser à la dénomination de la nouvelle circonscription de Laviolette-Saint-Maurice. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué...

Sans tambour ni trompette, la Commission de toponymie du Québec a officialisé, le 3 mars dernier, le toponyme «Laviolette-Saint-Maurice» pour désigner la nouvelle circonscription qui englobe la ville de Shawinigan, la ville de La Tuque, la municipalité de Notre-Dame-du-Mont-Carmel ainsi que les trois municipalités de Mékinac qui sont riveraines du Saint-Maurice.

En faisant passer de cinq à quatre le nombre de circonscriptions de la Mauricie, la Commission de la représentation électorale a peut-être pensé bien faire en conservant le nom des cinq anciennes circonscriptions dans la dénomination des quatre nouvelles. Mais elle vient de rater une belle occasion de se départir d'un toponyme artificiellement associé à un territoire qui n'a aucun lien avec ce personnage. 

Si on voulait vraiment garder vivant le toponyme «Laviolette» dans la carte électorale, il aurait peut-être été plus judicieux de le rattacher à la circonscription de Champlain. Après tout, sept municipalités de l'ancienne circonscription de Laviolette se retrouvent maintenant dans Champlain. Et la circonscription de Champlain englobe une partie de la ville de Trois-Rivières, dont le fondateur présumé est justement Laviolette.

La juxtaposition du toponyme «Saint-Maurice» à celui de «Laviolette» découlait d'une volonté de la Commission de la représentation électorale de préserver la visibilité du nom «Saint-Maurice» dans l'appellation d'une circonscription électorale de la région de la Mauricie. Là-dessus, elle avait parfaitement raison.

Saint-Maurice était l'un des plus vieux «comtés» du Québec. Ses origines remontent à l'époque du Bas-Canada, alors que le nom désignait déjà une division électorale lors de la première élection de 1792. Il regroupait alors les actuelles circonscriptions de Maskinongé, de Laviolette, de Champlain et de Saint-Maurice, avec Yamachiche comme chef-lieu. 

La circonscription de Laviolette, elle, n'a été créée qu'en 1930.

On a l'impression que la Commission de la représentation électorale contrevient même à ses propres règles en adoptant «Laviolette-Saint-Maurice». Ces règles prévoient que la Commission privilégie, pour les circonscriptions, une dénomination composée d'un seul toponyme. Comme Champlain, comme Maskinongé.

De plus, la Commission ne privilégie pas la juxtaposition de toponymes, puisque cela peut conduire à la création de «listes» de territoires d'appartenance. Étant donné que ces «listes de territoires d'appartenance» ne peuvent pas toujours les inclure tous, la Commission juge qu'il vaut mieux éviter de les employer en guise de noms.

Cela évite de faire comme le fédéral, avec des noms à quatre éléments, dont Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup. La Commission souhaite se limiter à deux éléments si la juxtaposition de toponymes est inévitable. 

Une autre règle prévoit que lorsqu'il y a regroupement de deux circonscriptions électorales, la juxtaposition des noms des anciennes circonscriptions visées est acceptable, dans la mesure où ces dénominations ne comportent pas déjà des noms composés.

Enfin, il y a ce principe selon lequel la référence à une entité géographique naturelle majeure (lac, rivière, montagne, etc.) dans les limites de la circonscription est «une source d'inspiration de première importance pour la désignation des circonscriptions électorales».

La rivière Saint-Maurice traverse toutes les municipalités de la nouvelle circonscription, à l'exception de Lac-Édouard et La Bostonnais. C'est quand même un puissant dénominateur commun.

Il n'est peut-être pas trop tard pour bien faire.




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