Impliquer les citoyens

La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, et la... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, et la directrice des Services à la communauté, Geneviève Duval, annonçant le budget participatif citoyen.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Elle est fort intéressante cette idée de budget participatif citoyen, lancée récemment par la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois. En fait, ce qui fait surtout du bien, dans une période où on a souvent l'impression que les gouvernements s'éloignent des citoyens ou vice-versa, c'est qu'il y a encore des tentatives de rapprocher le monde ordinaire du processus décisionnel.

Bien sûr on ne demande pas aux citoyens de gérer l'ensemble du budget de la municipalité, mais on réserve un fonds dédié à des projets jugés stimulants pour le développement de celle-ci ou qui constituent une plus-value en ce qui a trait à la qualité de vie.

Dans le cas de Nicolet, on a réservé une enveloppe de 130 000 $ et on souhaite, pour cette première année d'essai, réaliser trois projets en 2018.

Non seulement les citoyens sont mis à contribution pour générer les idées ou les projets qui pourraient être initiés grâce à ce budget participatif, mais ils seront aussi appelés à évaluer les projets et, ultimement, à choisir ceux qu'ils souhaitent voir réalisés.

C'est tout simple. Il suffit d'un soupçon de volonté politique. 

Le processus de suggestion et d'évaluation des projets constitue également une nécessaire occasion de rapprochement entre les citoyens et l'appareil municipal.

Une ville ou une municipalité, ça fonctionne avec des contraintes, des règles, des normes. Les contribuables peuvent ainsi avoir une meilleure idée de ce fonctionnement, ce qui peut bonifier leurs réflexions ou leurs opinions sur le travail de leurs élus. La participation citoyenne est un formidable frein au cynisme.

Geneviève Dubois a raison de dire que le budget participatif citoyen consiste «à ouvrir et à entretenir un dialogue avec les citoyens, à développer une culture de consultation en créant une nouvelle dynamique de collaboration avec la population, les élus et les gestionnaires municipaux, à initier des citoyens aux différentes étapes reliées au cheminement d'un investissement en milieu municipal et à encourager la participation citoyenne».

Il faut souhaiter que l'assemblée d'information qui aura lieu mercredi soir à 19 heures à l'hôtel de ville soit l'événement le plus couru en ville. 

D'autres villes de la région auraient tout intérêt à suivre de près l'initiative nicolétaine, elle-même inspirée de ce qui se fait déjà ailleurs. L'idée de budget participatif tel qu'on le connaît aujourd'hui est née en 1989 à Porto Alegre, au Brésil.

Il va sans dire que c'était une des initiatives qui a soulevé beaucoup d'intérêt lors du Forum social mondial de 2001, qui se tenait dans cette ville. Un peu partout dans le monde, on a adapté l'idée, on se l'est appropriée. On la met à l'essai avec des budgets conformes aux moyens dont on dispose.

Tiens, ce pourrait être une avenue intéressante pour Trois-Rivières. La Ville, on le sait, est maintenant abonnée aux surplus. Au cours des dix dernières années, le surplus moyen annuel tournait autour des dix millions de dollars. Ne pourrait-on pas dégager un demi-million pour des projets citoyens?

Ça tomberait bien, parce qu'une autre initiative citoyenne intéressante est en train de voir le jour à Trois-Rivières. Ça s'appelle «Demain, ma Trifluvie». 

Un regroupement de Trifluviens engagés a décidé de tenir une sorte d'assemblée de consultation, le 4 avril à la salle Grande-Hermine du parc de l'Île Saint-Quentin. Les objectifs sont semblables à ceux du budget participatif de Nicolet: faire naître des projets, stimuler l'implication et mousser le sentiment d'appartenance à la ville.

Parfois, des projets intéressants peuvent émerger de ce genre d'initiatives. Mille et une façons de faire en sorte que notre milieu de vie soit plus intéressant, plus agréable, plus vert. Mais surtout mille et une façons de rapprocher le citoyen de sa ville.

Ça, en 2017, c'est beau. Et grand.




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