Accoucher enfin d'une bonne idée

Plusieurs bébés étaient présents à la conférence de... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Plusieurs bébés étaient présents à la conférence de presse, plus tôt cette semaine, annonçant le programme de subventions pour l'achat de couches lavables de la Ville de Trois-Rivières.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

La Ville de Trois-Rivières s'est enfin décidée à aller de l'avant avec un programme de subventions pour l'achat de couches lavables. C'est une idée intéressante, s'inspirant d'une pratique déjà bien implantée dans plusieurs villes ou municipalités du Québec. C'est un geste concret pour l'environnement. Et c'est une annonce qui aurait dû être faite il y a neuf ans.

Si on se fie à ce programme de subvention pour les couches lavables, la notion de priorité est très élastique à Trois-Rivières. Le programme figurait déjà dans la politique de développement durable de la Ville, élaborée en 2008 et rendue publique en 2009.

Dans les objectifs «prioritaires» de cette politique, on mentionnait la nécessité d'atteindre rapidement les objectifs du Plan de gestion des matières résiduelles, ceux-ci comprenant déjà un volet consacré au programme d'aide financière pour l'achat de couches lavables.

Le lancement de ce programme était prévu pour 2009, avec une évaluation des résultats pendant cette même année, puis un ajustement pour une période de récurrence prévu en 2010.

Nous sommes en 2017.

On ne parle pas ici d'un programme coûtant des centaines de milliers de dollars. La Ville consacre 5000 $ pour cette mesure, avec intention d'aller plus loin si le nombre de demandes le justifie.

Neuf ans plus tard que prévu, la mesure n'a plus rien d'original. Plus de 250 municipalités du Québec offrent un tel programme. Dans la région, Shawinigan le fait depuis 2011. Louiseville, Champlain et Saint-Élie-de-Caxton ont aussi emboîté le pas. Mais à défaut d'avoir été innovatrice, Trois-Rivières a au moins saisi l'occasion de poser un geste simple mais concret pour l'environnement.

Qu'on s'entende: l'idée de favoriser l'achat de couches lavables est une bonne mesure. Quand on pense que les couches jetables constituent le troisième déchet en importance dans les sites d'enfouissement du Québec - on jette environ 600 millions de couches jetables chaque année au Québec - et qu'une couche lavable peut remplacer jusqu'à 230 couches jetables, la pertinence d'une telle mesure incitative ne fait aucun doute.

Là où on peut se poser des questions, c'est lorsqu'on voit le délai écoulé entre l'intention et la concrétisation de l'idée. Se pourrait-il que dans les plans d'action et les politiques de la Ville se trouvent d'autres bonnes idées qui pourraient être mises en application dans des délais raisonnables? Il est permis de le croire. 

Au cours des derniers jours, les commentaires ont été nombreux face à l'initiative de la Ville de rembourser 50 % du coût d'achat d'un ensemble de couches lavables, jusqu'à concurrence de 100 $. Certains y voient un geste concret et relativement peu coûteux pour faire une différence.

D'autres se demandent si c'est le rôle d'une municipalité de subventionner des couches lavables. À ce propos, on peut répondre qu'il s'agit d'une mesure qui vise à réduire la quantité de déchets qui prennent le chemin du dépotoir. Et c'est précisément le rôle des villes, qui sont celles qui payent la facture en matière de gestion des déchets.

Et on ne critiquera certainement pas le choix que fait une administration municipale de poser un geste concret pour la protection de l'environnement. Il y a certes encore beaucoup de chemin à faire et il y a certainement quelques incohérences dans d'autres façons de faire, mais cette fois-ci, la Ville de Trois-Rivières, comme plusieurs autres avant elle, réalise un bon coup.




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