La lutte à trois n'aura pas lieu

Adis Simidzija... (François Gervais)

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Adis Simidzija

François Gervais

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Adis Simidzija change d'idée. Il annonce que, finalement, il ne sera pas candidat à la mairie de Trois-Rivières. C'est une sage décision. Parce que même s'il apportait déjà une couleur et des idées comme on en voit ou comme on en entend rarement dans une campagne électorale municipale, il lui aurait fallu beaucoup, beaucoup de temps et d'efforts pour expliquer sa démarche aux électeurs qui l'auraient questionné à ce propos.

Son retrait de la course nous ramène, pour l'instant du moins, à une lutte à deux. Ceux qui craignaient la division du vote peuvent respirer un peu mieux. Mais il est encore bien tôt dans cette campagne électorale. Le scrutin n'a lieu que dans huit mois. On pourrait très bien voir surgir une ou plusieurs autres candidatures au cours des prochains mois. Des personnes qui décident elles-mêmes de se lancer ou qui y seraient fortement encouragées, histoire de brouiller les cartes.

Ça s'est déjà vu. Le monde de la politique municipale semble s'y prêter particulièrement bien.

Mais pour l'instant, du moins, on peut faire un clin d'oeil à Giraudoux et dire que la lutte à trois n'aura pas lieu.

Adis Simidzija n'aura été candidat à la mairie que pendant un peu moins de huit semaines. Intentionnellement, du moins. Parce qu'il n'avait pas encore fait de démarche formelle en ce sens, que ce soit pour se procurer les formulaires qui lui auraient permis de recueillir les 200 signatures nécessaires, ou encore pour obtenir le droit de recueillir des contributions et faire des dépenses électorales.

Se peut-il qu'Adis Simidzija n'ait voulu, finalement, que tâter le terrain? Sonder ses appuis? Se faire connaître un peu plus et attirer sur lui l'attention des médias et de la population? Son incursion dans la campagne aura eu le mérite de nous faire découvrir certaines de ses idées et, surtout, sa vision politique. Celle-ci ne plaît certainement pas à tout le monde, mais elle a le mérite d'être pleinement assumée.

Il est peut-être là le noeud du problème. Adis Simidzija se décrit comme un anarchiste. Il lui aurait fallu beaucoup de tact, de patience et de temps pour expliquer aux électeurs pourquoi il cherchait ainsi à les convaincre de voter pour lui. Il en aurait certainement été capable, mais il y a encore à Trois-Rivières de vieilles mentalités qui auraient pu constituer un obstacle considérable à cette nouvelle façon de faire la politique dont il se réclame.

Adis Simidzija qualifie maintenant de «mascarade électorale» cette course dans laquelle il voulait lui-même se lancer. Et parce qu'il n'en est pas à une contradiction près, il invite ceux et celles qui croient en ce système et qui comptent voter lors de l'élection de novembre, à le faire pour Jean-François Aubin. Il dit connaître l'homme et considère qu'il s'agit d'une «vraie alternative qui risque de faire du bien à Trois-Rivières». Pourtant, il y a quelques semaines, dans les jours qui ont précédé la manifestation contre les jeux d'eau de l'Amphithéâtre, il avait critiqué Jean-François Aubin en mentionnant qu'il se rattachait à des vieilles valeurs «qui ne rapportent qu'à ceux ayant le privilège de voter au conseil».

On peut, enfin, se réjouir du fait qu'Adis Simidzija entend rester engagé, à sa façon, en politique municipale. Il veut continuer à faire valoir ses idées, même s'il considère maintenant qu'il n'a plus besoin d'être candidat.

Au fond, pour un anarchiste sympathique, c'était peut-être la meilleure voie à prendre.




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