Si on pouvait oublier le 8 mars...

La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault... (Archives La Presse canadienne)

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La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a des dates, sur le calendrier, dont on a parfois horreur. La date d'échéance pour le paiement des taxes municipales, la date limite pour cotiser à un REER, le premier dimanche de novembre quand on recule l'heure, la Saint-Valentin quand on est célibataire. Pour le gouvernement libéral, on dirait bien que c'est le 8 mars qui fait figure de date à laquelle on aimerait pouvoir échapper si cela était possible.

Si on pouvait se coucher le 7 mars et se réveiller le 9, ce serait parfait, se disent sans doute le premier ministre Couillard et sa ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault.

C'est vraiment l'impression que laisse ce gouvernement. On dirait que la Journée internationale des femmes est une sorte de passage obligé, qu'on souligne le plus discrètement possible.

Mardi, des représentantes du Collectif 8 mars n'ont pas pu rencontrer le premier ministre Couillard alors qu'elles manifestaient devant ses bureaux montréalais. Mercredi, on apprenait que la ministre Lise Thériault, en mission au Japon, n'accorderait pas d'entrevue aux médias québécois au sujet de la Journée internationale des femmes.

Tout au plus a-t-on dû se contenter, mercredi, d'un communiqué très général du cabinet du premier ministre, qui souligne les progrès réalisés pour atteindre l'égalité entre les femmes et les hommes, une valeur fondamentale de la société québécoise. Dans ce communiqué sans annonce concrète, on se limite à faire état de l'engagement du gouvernement à «poursuivre la mobilisation de tous pour assurer l'égalité de fait».

C'est bien mince quand on compare à ce que le gouvernement fédéral - où la parité hommes-femmes au conseil des ministres est atteinte - a fait pour souligner le 8 mars.

La journée a commencé avec une annonce du premier ministre Justin Trudeau et de sa ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, en vertu de laquelle le gouvernement fédéral allait consacrer 650 millions $ en aide internationale pour la santé reproductive des femmes, y compris les services de contraception et d'avortement. Cette somme s'ajoute aux 3,5 milliards $ que le Canada a engagés de 2015 à 2020 pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

Puis en point de presse, le premier ministre a dû répondre à des questions concernant le droit à l'avortement. Il en a profité pour rappeler que les femmes doivent avoir le droit de disposer de leur corps et de prendre leurs propres décisions, réitérant du même coup ce qu'il avait déjà évoqué: un député pro-vie n'aurait pas sa place au caucus libéral.

Ajoutons à cela le fait que se tient présentement à Ottawa l'événement «Héritières du vote», qui souligne les progrès réalisés par les femmes en politique. Pas moins de 338 jeunes femmes représentant chacune des circonscriptions du pays ont envahi la Chambre des communes pour souligner le 100e anniversaire de l'implication politique des femmes au Canada et pour encourager une plus grande implication politique et parlementaire des femmes.

Symboliquement très fort, cet événement a permis à des jeunes femmes de la région - Élisabeth Gendron (Trois-Rivières), Tracy-Ann Gagnon (Berthier-Maskinongé), Lysa Bergeron (Saint-Maurice-Champlain) et Rosalie Lapierre (Bécancour-Nicolet-Saurel) de vivre une expérience enrichissante. Il y a fort à parier qu'elles deviendront des ambassadrices du rôle des femmes en politique.

Et pendant ce temps-là, au gouvernement du Québec, un simple communiqué. Un premier ministre absent. Une ministre qui se cache. Des manifestantes qui ont l'impression que leurs revendications ne sont pas portées.

Dans un monde idéal, on n'aurait pas besoin d'un 8 mars pour sensibiliser la population et les élus à une plus grande égalité et à un meilleur respect des droits des femmes. Mais la journée est là. Elle est nécessaire et pertinente.

Contrairement à ce que semble penser le gouvernement libéral provincial...




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