L'observatoire, ce mal-aimé

L'observatoire du Cégep de Trois-Rivières à Champlain.... (Archives Le Nouvelliste)

Agrandir

L'observatoire du Cégep de Trois-Rivières à Champlain.

Archives Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Il y a quand même quelque chose d'ironique dans le fait d'assister à l'annonce de la découverte de sept planètes de taille semblable à la Terre le jour même où on apprend que l'observatoire astronomique du Cégep de Trois-Rivières est contraint de garder ses portes fermées au public cet été.

Ce n'est pas la première fois que l'ouverture ou non de l'observatoire de Champlain est un suspense. Au cours des dernières années, il fallait souvent attendre le printemps pour savoir si le lieu allait ouvrir ses portes au public pendant la saison estivale qui suivait.

La première fermeture est survenue en 2003, lorsque le gouvernement fédéral a cessé de soutenir financièrement l'observatoire. Celui-ci n'avait pu rouvrir que quatre ans plus tard, en 2007, notamment grâce à l'intervention de Québec.

En 2015, les contraintes budgétaires avaient de nouveau forcé la fermeture. En grattant des fonds de tiroirs, on l'a rouvert au public en 2016.

Et voilà qu'on annonce une nouvelle fermeture.

Comment se fait-il qu'en 2017 on n'arrive pas à trouver le financement nécessaire pour maintenir ouvert ce lieu d'interprétation scientifique? On parle d'un budget de 20 000 $ par été, ce n'est quand même pas la mer à boire. 

Lorsqu'on a construit l'observatoire, en 1980, celui-ci était d'abord destiné aux étudiants du cours d'astrophysique. Mais évidemment, on allait aussi l'ouvrir au public pour des vulgarisations scientifiques et pour observer le ciel au moyen du télescope qu'on y trouve.

C'est là que ça devient intéressant. L'observatoire ne doit pas être considéré uniquement comme un laboratoire rattaché à une institution. C'est devenu un musée, un centre d'interprétation. Il peut aussi s'agir d'un formidable lieu ayant une mission pédagogique qui dépasse celle destinée aux étudiants du collégial.

Il y a aussi moyen d'en faire un attrait touristique au moins aussi intéressant que beaucoup d'autres qui jouissent d'un financement quelconque de la part des gouvernements. 

Si l'observatoire peut jouer un rôle dans la stratégie touristique régionale, ne pourrait-on pas envisager un soutien financier provenant, par exemple, de programmes destinés à l'industrie touristique? Et prévoir une somme aussi pour une remise aux normes du bâtiment, qui en a bien besoin.

Les cinq députés de la région sont au gouvernement; il doit bien y avoir moyen de travailler sur une aide financière appropriée. Les planètes sont peut-être alignées...

Chose certaine, il serait dommage qu'à une époque où l'on valorise tellement la science, on soit incapable de trouver une stratégie de survie et de pérennité qui tienne la route.

On voit les bienfaits qu'entraînent des programmes comme les Débrouillards ou Expo-sciences; les gouvernements apportent une aide considérable aux organismes qui chapeautent ces publications ou ces activités. On se demande pourquoi un équipement comme un observatoire n'aurait pas droit au même traitement.

Mais les gouvernements et les observatoires ne semblent pas faire bon ménage. On a encore sur le coeur l'épisode de la fermeture annoncée de l'observatoire du Mont-Mégantic il y a deux ans presque jour pour jour. Le gouvernement conservateur avait finalement décidé de sauver l'institution après une vague de protestations au sein de la communauté scientifique et de la population en général.

Faudrait-il une mobilisation du milieu pour réclamer une aide pour l'observatoire de Champlain? Peut-être.

Mais il suffit peut-être d'évoquer le fait qu'il y a peut-être dans la région un enfant - peut-être qu'il n'est pas encore né - qui voudra devenir astronome parce qu'il aura eu l'occasion de visiter un observatoire pas trop loin de chez lui. Peut-être que cet observatoire deviendra pour lui un lieu familier. Peut-être qu'il étudiera en astrophysique.

Peut-être qu'un jour, cet enfant découvrirait aussi des exoplanètes semblables à la Terre.

On ne sait jamais.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer