Ce qu'il faut en retenir

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Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On doit retenir beaucoup de choses de l'émouvante dernière semaine que les Québécois viennent de vivre à la suite des tristes événements qui ont coûté la vie à six personnes de confession musulmane à la Grande Mosquée de Québec. Les innombrables témoignages d'appui et de solidarité demeurent la meilleure réponse à l'inexplicable horreur qui terrasse actuellement la province. Ces manifestations publiques qui rapprochent les différences favoriseront à coup sûr une meilleure compréhension et une acceptation plus facile de l'autre à l'avenir.

Il faut cependant éviter que cet élan légitime de sympathie ne devienne une séance exagérée d'autoflagellation. On peut être solidaire, triste et désolé sans ressentir le besoin de s'excuser. À l'opposé, les immigrés syriens qui ont signifié leur désir de quitter la Vieille Capitale après ce qui s'est passé à la mosquée de Québec expriment peut-être une peur démesurée. Oui, ce qui s'est passé à Sainte-Foy est épouvantable et il faut tout faire en notre pouvoir pour que ça ne se reproduise plus jamais. Il ne faut cependant pas oublier que le Québec est davantage une terre d'accueil et de tolérance qu'un terreau d'extrémistes dangereux.

Là-dessus, le procès à venir nous en apprendra davantage sur ce qui a poussé cet individu à commettre de tels actes mais, pour l'instant, il a davantage le profil d'un jeune homme dérangé intimidé dans sa jeunesse que d'un terroriste. Bref, c'est peut-être la folie qui a guidé ses pas, pas nécessairement ses croyances. Reste à découvrir ce qui peut déclencher cette folie et c'est là qu'une prise de conscience est nécessaire sur l'impact des propos qui sont publiés un peu pêle-mêle à l'ère des réseaux sociaux. Des propos qui peuvent malheureusement inciter un déséquilibré à s'identifier à un courant pour exulter un mal intérieur. «Les mots prononcés, les mots écrits aussi ne sont pas anodins. C'est à nous de les formuler, de les choisir», a déclaré le premier ministre Philippe Couillard lors de la cérémonie funéraire de jeudi. Il a bien raison.

Les médias traditionnels ont historiquement le devoir de filtrer les commentaires haineux qui pourraient fomenter la violence et ils y parviennent tant bien que mal. De toute façon, tout écart de conduite pourrait leur être sévèrement reproché, tant socialement que légalement. Pendant ce temps, les dirigeants des Facebook de ce monde ont littéralement une attitude irresponsable face aux publications qui leur font empocher des millions de dollars. Il est grand temps que les gouvernements trouvent le moyen de les forcer à mettre en place des mécanismes plus efficaces d'alerte et de repérage qui aideraient les autorités à intervenir rapidement. Il s'agit même d'une priorité. 

Parlant des gouvernements, il faut retenir qu'ils ont eux aussi une responsabilité face à cette montée mondiale de l'intolérance. On ne le dira jamais assez mais un meilleur contrôle des armes à feu peut assurément prévenir des drames irréparables. Aussi, des mesures d'exclusion comme celles mises de l'avant par Donald Trump, nouveau président américain, sont loin d'être porteuses de solutions. En fait, cette façon d'ostraciser des citoyens d'une origine spécifique relève davantage de la provocation et risque beaucoup plus d'envenimer les choses que de régler la problématique.

En terminant, alors que bien des parents se demandent comment expliquer de telles atrocités à leurs enfants, il faut surtout retenir que la différence ne devrait jamais être un prétexte à la violence. On peut être en désaccord, discuter sainement des «accommodements» à accepter, mais l'ouverture et le respect resteront toujours à la base du «mieux vivre ensemble». On ne le répétera jamais assez: personne ne devrait perdre la vie en raison de la couleur de sa peau, de son sexe, de sa religion ou de son orientation sexuelle. Personne. Ailleurs, et encore moins ici.

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