Que lumière soit faite... et vite!

Décidément, il y a quelque chose qui cloche dans la façon dont sont offerts les... (Martin Tremblay, archives La Presse)

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Martin Tremblay, archives La Presse

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Décidément, il y a quelque chose qui cloche dans la façon dont sont offerts les services aux enfants placés dans des familles d'accueil par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). La Mauricie-Centre-du-Québec s'ajoute à la liste des régions où la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse doit procéder à une enquête systémique sur ces services et sur le respect des droits des enfants placés en famille d'accueil. Il y a un problème et la lumière doit être faite. Rapidement et efficacement.

La Commission avait déjà dû se pencher sur une situation semblable sur la Côte-Nord, puis dans le Bas-Saint-Laurent. Dans les deux cas, les conclusions de l'intervention ont été dévastatrices.

Plus près de nous, c'est un cas survenu à Drummondville qui semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase à la CDPDJ, qui a annoncé qu'elle interviendrait. En octobre dernier, la juge Marie-Josée Ménard avait conclu que les droits des enfants placés dans une famille d'accueil avaient été lésés, que cette famille avait été négligente et que le milieu dans lequel se trouvaient les enfants était «toxique». Et la DPJ n'a rien fait.

Si la Commission a décidé d'aller de l'avant avec une enquête, c'est parce qu'elle avait déjà commencé à se rendre compte que quelque chose ne tournait pas rond en Mauricie et au Centre-du-Québec. Près de 55 % des demandes d'intervention qui lui ont été adressées en jeunesse, au cours des quatre dernières années, concernent des jeunes placés en famille d'accueil.

Dans 19 situations impliquant 38 enfants, on a conclu que les droits des enfants ont été lésés en raison de services déficients.

La grande question sera sans doute de savoir si les compressions budgétaires des dernières années ont un lien avec ces entraves aux droits des enfants. Elle a été soulevée par le Syndicat des travailleuses et travailleurs en Centre jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec, mais aussi par la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec.

Vraisemblablement, les intervenants en protection de la jeunesse ne sont plus aussi épaulés dans leur travail qu'ils l'ont déjà été. Les demandes provenant des familles d'accueil ne sont plus traitées de la même façon. Les délais sont plus longs et les moyens ne sont plus les mêmes.

On a d'ailleurs dénoncé la disparition, il y a quelques années, d'un département complet de professionnels répondant aux besoins des familles d'accueil. Le traitement des signalements à la DPJ est une chose, mais les suivis auprès des familles sont essentiels pour que notre système de protection des enfants les plus vulnérables puisse remplir pleinement son rôle.

La commission d'enquête qui sera mise en place par la CDPDJ aura les pleins pouvoirs pour enquêter sur les services dispensés par le Centre jeunesse. C'est ce qu'il fallait faire. Il y a lieu d'espérer que les employés, qui auraient pu se montrer réticents à une telle procédure parce que les projecteurs se braquent sur leur travail, collaboreront pour qu'on puisse mettre le doigt sur ce qui ne va pas.

En 2013 sur la Côte-Nord, bien que les conditions de l'intervention de la CDPDJ étaient différentes, on a émis pas moins de 200 recommandations. Un an plus tard, dans le Bas-Saint-Laurent, une douzaine de recommandations s'adressant tant à la DPJ qu'au Centre jeunesse ont été formulées. Dans les deux cas, ces recommandations concernaient principalement des mesures pour s'assurer que les interventions, les pratiques et les suivis effectués auprès des enfants dans les familles d'accueil respectent non seulement la loi et les règlements, de même que les droits fondamentaux des principaux concernés.

Une enquête semblable est en cours au Saguenay-Lac-Saint-Jean. À force d'ajouter des régions et de déposer des recommandations, on devra peut-être en venir à réformer en profondeur la façon d'offrir les services de protection de la jeunesse. 

Ou s'assurer que les organismes assurant cette fonction aient les budgets nécessaires pour que ce soit fait comme du monde.

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