Mobilisations anormales

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En mai 2015, près de 400 personnes avaient formé une chaîne humaine autour de l'école Sainte-Marie, à Saint-Boniface, afin de revendiquer son agrandissement.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

La mise aux normes et l'agrandissement d'écoles primaires ne devraient pas être assujettis aux interventions d'élus ou aux mobilisations de parents et de citoyens.

Dans une société normale, les impératifs liés au développement d'infrastructures devraient être dictés par l'évaluation des besoins et les perspectives démographiques. Et ça devrait être un automatisme.

On apprenait cette semaine qu'à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, une vingtaine de parents et de citoyens ont créé un comité ayant pour objectif de concrétiser le projet d'agrandissement de l'école Notre-Dame.

L'histoire n'est pas sans rappeler l'importante mobilisation qu'on a pu observer à Saint-Boniface au cours des deux dernières années. À plusieurs reprises, la communauté s'est montrée préoccupée par l'avenir de leur école et par la nécessité d'ajouter des classes pour éviter le transfert d'élèves à des kilomètres de leur résidence.

Leur mobilisation a porté fruit. Un projet de 2,8 millions $ comprenant l'ajout de six classes et la modernisation du gymnase a reçu le feu vert du ministre de l'Éducation.

Le problème, et le ministre l'a dit lui-même lors de son passage à Saint-Boniface en juin dernier pour l'annonce concernant l'école Sainte-Marie, c'est que le ministère doit faire preuve de «plus de flexibilité dans certains cas particuliers».

Il faisait alors référence à la règle selon laquelle le financement pour une construction ou un agrandissement n'est autorisé que si la démonstration est faite qu'il n'y a pas d'espace disponible dans d'autres écoles de la commission scolaire, à l'intérieur d'un rayon de 20 km.

Vingt kilomètres, ça commence à faire beaucoup pour des élèves du primaire. Et le ministre Proulx, interrogé sur le dossier de l'école de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, avait indiqué qu'il y avait plusieurs dossiers du genre un peu partout et qu'ils allaient être traités «un par un».

Ne devrait-il pas y avoir un mécanisme qui permettrait d'éviter qu'on doive y aller au «cas par cas»? Il est assez facile, par exemple, de voir où se fait et où se fera la croissance démographique.

Au lieu d'être un facteur de déplacement vers d'autres écoles dans un rayon de 20 km, les surplus d'élèves devraient être un signal d'alarme facilitant le traitement des dossiers d'agrandissement ou de réaménagement d'écoles.

Et ça peut devenir un système qui favorise l'entretien et le renouvellement des infrastructures. Parce qu'il y aura d'autres Saint-Boniface et d'autres Mont-Carmel. 

Il est tout à l'honneur des communautés qu'elles se mobilisent et qu'elles redoublent d'imagination pour démontrer au gouvernement qu'elles souhaitent que leurs enfants demeurent dans leur milieu de vie. Mais c'est une démonstration qui ne devrait pas être nécessaire. 

Dans le cas de Mont-Carmel, le projet d'agrandissement et de mise aux normes est semblable à celui qui a été autorisé à Saint-Boniface. On parle de l'ajout de quatre classes et de la construction d'un gymnase pour répondre aux besoins de la clientèle et de la communauté. Il a tout de même fallu que les représentants de l'école et de la commission scolaire plaident leur cause à Québec, l'automne dernier.

Les infrastructures de notre système d'éducation, comme celles de notre réseau de la santé, doivent être soumises à des mécanismes de suivi et d'évaluation sérieux. Leur renouvellement ne doit pas dépendre uniquement de pétitions, de chandails à messages, de chaînes humaines autour des bâtiments ou de voyages de quêteux dans la capitale.

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