Urgent besoin d'un plan d'action

La fin abrupte des activités du Satyre vient... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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La fin abrupte des activités du Satyre vient non seulement créer un trou dans le paysage culturel de la région, mais vient aussi ajouter un espace majeur à la longue liste de locaux vacants au centre-ville de Trois-Rivières.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

La fin abrupte des activités du Satyre vient non seulement créer un trou dans le paysage culturel de la région, mais vient aussi ajouter un espace majeur à la longue liste de locaux vacants au centre-ville de Trois-Rivières.

Il serait peut-être temps que la Ville et la Société de développement commercial de Trois-Rivières prennent le problème au sérieux. Le pôle commercial est en train de devenir un royaume de restaurants, de bars, de salons de coiffure et d'ateliers de tatoueurs.

L'annonce de la fermeture du cabaret-spectacle est une bien triste nouvelle. On s'entend là-dessus. Les jeunes propriétaires, plein d'enthousiasme et de bonne volonté, avaient redonné beaucoup de lustre à l'ancien Maquisart. Mais l'absence de subventions à la diffusion ou à la promotion, jumelée peut-être à un manque d'expérience et à des défis de programmation, aura eu raison de cette entreprise ambitieuse.

L'ajout d'une cuisine, en plein centre-ville déjà saturé de restaurants de tout acabit, n'était peut-être pas une si bonne idée compte tenu des coûts importants qu'engendre la tenue d'un inventaire d'ingrédients périssables et la gestion d'un personnel de restauration.

Les propriétaires du Satyre ont aussi été des victimes collatérales du faible revenu disponible dans l'agglomération trifluvienne. Selon les chiffres de 2015, la région traîne dans le peloton de queue des endroits où ce revenu est le plus bas, avec 23 555 $ par habitant. C'est 2500 $ de moins que le revenu disponible moyen au Québec, lui-même au dernier rang des provinces canadiennes à ce chapitre.

Qu'on le veuille ou non, ça laisse bien peu d'argent disponible pour le divertissement. Et nous vivons à une époque où la technologie facilite l'accès au divertissement à domicile, ce qui n'est jamais de bon augure pour les salles de spectacles ou pour les organisations culturelles.

En plus d'entraîner une perte considérable en matière de diffusion de la culture, la fermeture du Satyre vient créer un autre vide sur la rue des Forges.

On ne les compte plus, ces trous laissés par des fermetures de commerces ou des relocalisations. Mais sur la seule rue des Forges, censée être la principale artère commerciale du centre-ville, on a encore des locaux vides sur deux des quatre coins de l'intersection avec la rue Notre-Dame Centre.

On n'a toujours pas trouvé de locataire pour l'ancienne succursale de la Banque Laurentienne, ni pour les locaux qui abritaient les boutiques L, Madame Martin ou Au Pas, entre autres.

Si on élargit le périmètre, on constate des trous sur Hart, sur Royale et sur Notre-Dame Centre. Et ils ne sont pas que commerciaux. D'importants espaces à bureaux sont disponibles dans le Bourg du Fleuve, dans le 1500 Royale, à la Place La Mauricie, à la Place Royale, dans le 1300 Notre-Dame Centre et en bien d'autres endroits.

En fait, selon un inventaire de la SDC, on trouve présentement au centre-ville - dans le périmètre délimité approximativement par la rue Saint-Olivier, la rue Laviolette, le fleuve et la rue Saint-Roch - pas moins de 98 516 pieds carrés de locaux commerciaux à louer, et 128 000 pieds carrés d'espaces à bureaux. Ça ne comprend pas l'édifice Ameau, ni son voisin d'en face.

Tout cela survient à une période où la Ville, qui multiplie les efforts pour créer un nouveau pôle commercial au District 55, se sert abondamment de son centre-ville pour faire sa promotion touristique. C'est vrai qu'il est joli et animé. Mais sa mixité commerciale en prend pour son rhume depuis une dizaine d'années.

La SDC a beau travailler fort, elle n'arrivera pas à des résultats si la Ville elle-même ne se dote pas d'un plan d'action pour la revitalisation commerciale du centre-ville. Déjà qu'il y a eu des initiatives en matière d'urbanisme, il faut maintenant se tourner vers des mesures incitatives comme on le fait pour la rénovation résidentielle.

Il y a eu de belles interventions pour améliorer le centre-ville. Ce serait dommage de le laisser se vider.

Depuis deux semaines, les lampadaires de rue sur des Forges sont éteints le soir. Ça veut peut-être dire quelque chose?

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