Un CHAUR et des dispensaires

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Se dirige-t-on tout droit vers un gros centre hospitalier et quelques petits dispensaires dans les autres pôles régionaux?

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Les intervenants du monde syndical et les élus de Shawinigan ont bien raison de dénoncer le projet Optilab, par lequel sont transférées à Trois-Rivières toutes les analyses provenant des laboratoires de l'hôpital de Shawinigan.

Il s'agit d'une autre étape dans ce qui prend de plus en plus des airs de dépouillement des établissements de santé en dehors de Trois-Rivières. Se dirige-t-on tout droit vers un gros centre hospitalier et quelques petits dispensaires dans les autres pôles régionaux?

Le déploiement du projet Optilab vise à centraliser à Trois-Rivières l'analyse des prélèvements sanguins, biopsies et autres échantillons biomédicaux. Non seulement cela prive l'hôpital du Centre-de-la-Mauricie d'un service qui y était offert depuis plusieurs années, mais cela entraîne aussi l'abolition de 19 postes de technologistes médicaux.

Des employés bien rémunérés devront donc s'intégrer au personnel en place à Trois-Rivières. Vont-ils être contraints de déménager? Devront-ils faire le trajet entre Shawinigan et Trois-Rivières deux fois par jour? Comment se fera leur intégration? Qu'arrive-t-il de leur ancienneté? Leur transfert à Trois-Rivières entraînera-t-il de la supplantation de postes au sein du personnel en place?

Inquiets, les syndicats n'ont pas obtenu de réponses à ces questions et demandent un moratoire.

Ce transfert vers la capitale régionale et son gigantesque Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR), semble être un autre exemple de centralisation des services. Ça semble être la mode dans le réseau de la santé. Et c'est tellement méprisant pour les populations de Louiseville, de Shawinigan, de la rive sud et de La Tuque.

En novembre dernier, le CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec confirmait que les services d'urologie, d'oto-rhino-laryngologie et d'orthopédie n'allaient plus être offerts au centre Avellin-Dalcourt de Louiseville.

Simultanément, l'organisme confirmait aussi que le centre Christ-Roi de Nicolet allait être amputé de ses services de cardiologie, d'endoscopie digestive, de gynécologie, d'orthopédie, d'oto-rhino-laryngologie. Plus récemment, c'était au tour des services de la pharmacie d'y passer aussi.

Le CIUSSS parle de réorganisation et préfère dissimuler les amputations de services derrière des bonifications pour la création de créneaux d'expertise. Mais au final, chacun des territoires autrefois desservis par un hôpital digne de ce nom est perdant.

On y retrouve de moins en moins de services et les usagers doivent de plus en plus se déplacer vers Trois-Rivières. En passant, on attend toujours le service d'hémodialyse à La Tuque, presque trois ans après avoir annoncé que ce service allait y être offert...

Au cours des derniers mois, plusieurs voix d'élus et de citoyens se sont élevées contre ces changements. Les gens du CIUSSS semblent en faire fi et gardent le cap sur les fameuses étapes de cette autre réorganisation.

Certaines personnes ont apporté un argument plus humain, rappelant la «chaleur» et le «respect» auxquels ils ont toujours eu droit en recevant les services spécialisés dans leur plus petit hôpital.

Population et élus déplorent surtout d'assister, impuissants, à une réorganisation de services sans jamais avoir pu être consultés de quelque façon que ce soit.

C'est facile, quand on est dans un bureau à Trois-Rivières, d'élaborer des moyens pour rendre les services supposément plus efficaces. Mais ceux qui se tapent une heure de route pour les recevoir ont une tout autre vision de la chose.

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