Il faut savoir se faire insistant

Marc Garneau, ministre fédéral des Transports.... (Sylvain Mayer)

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Marc Garneau, ministre fédéral des Transports.

Sylvain Mayer

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le dossier du train à grande fréquence entre Québec et Montréal par la rive nord, avec un arrêt à Trois-Rivières, est depuis longtemps inscrit dans les combats prioritaires pour la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières. Mais il serait peut-être temps de le marteler un peu plus fort.

Vendredi, la Chambre réalisait un grand coup en accueillant le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau. Dans son allocution, celui-ci s'est principalement appliqué à rappeler les grandes lignes de son plan stratégique Transports 2030. Il a bien sûr abordé la question du transport ferroviaire, mais ce n'est pas normal que ce soit pour parler davantage du transport de marchandises. À Trois-Rivières, c'est de transport de passagers qu'on veut aussi entendre parler.

Se pourrait-il que ce soit la Chambre elle-même qui ait raté une belle occasion de plaider sa cause auprès du ministre Garneau?

Celui-ci, accompagné de son collègue François-Philippe Champagne, s'est rendu à l'aéroport de Trois-Rivières, où il a pu échanger avec le maire Yves Lévesque et le directeur général d'Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, Mario De Tilly. Évidemment, il a été question des projets de l'aéroport et de la desserte de celui-ci par des vols nolisés.

Les gens de la Chambre auraient-ils pu prendre quinze ou vingt minutes avec le ministre des Transports pour lui faire la démonstration que le projet de train est important pour Trois-Rivières? Ç'aurait été une belle occasion. 

S'adressant aux quelque 130 personnes qui étaient présentes au Delta vendredi midi, Marc Garneau a simplement mentionné que son gouvernement avait prévu 3,3 millions de dollars dans le budget de 2016 pour étudier la viabilité d'un service ferroviaire pour passagers, et que le rapport de l'étude est attendu cette année.

C'est bien mince, surtout devant un auditoire comme celui de Trois-Rivières, alors que la Chambre a toujours claironné que le retour d'un service de train de passagers était sa priorité.

Parce que les plus récents échos n'étaient pas très encourageants pour le projet de VIA Rail. Il y a du sable dans l'engrenage. La question de l'exclusivité des voies du tunnel du mont Royal pour le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) vient en quelque sorte diminuer les chances qu'un lien ferroviaire sur la rive nord puisse desservir la gare du centre-ville de Montréal. Il faudrait, semble-t-il, une autre gare plus au nord pour éviter le partage des voies du tunnel du mont Royal.

Devant de tels faits, il importe que les acteurs locaux rappellent l'importance de ce projet, surtout après avoir vu l'enthousiasme et l'empressement du président de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, pour celui-ci. Depuis plusieurs mois, il y a beaucoup de mollesse dans les convictions de ceux qui plaident pour le retour d'un service de train de passagers à Trois-Rivières.

Et pendant ce temps, la rive sud est plus mobilisée que jamais.

L'absence de sensibilisation directe auprès du ministre fédéral des Transports pourrait-elle au contraire être due au fait qu'on sent que l'affaire est dans la poche? Qu'on attend déjà de meilleures nouvelles dans le prochain budget fédéral en lien avec le train de passagers sur la rive nord? Qu'on prépare déjà le terrain pour une gare située hors du centre-ville de Trois-Rivières pour faciliter l'arrêt et ne pas retarder trop le temps de trajet entre Québec et Montréal?

Si c'est cela, ce n'est pas plus rassurant. L'excès de confiance est la pire des attitudes.

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