La course que personne ne suit

Kevin O'Leary... (Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse)

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Kevin O'Leary

Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

Il n'y a pas grand-chose de plus soporifique, ces jours-ci, que la course à la direction du Parti conservateur du Canada. On dirait presque qu'il y a davantage de candidats à la chefferie que de militants vraiment intéressés par l'investiture conservatrice.

Tout cela pourrait bien changer sous peu, puisqu'on parle de plus en plus de la candidature possible d'un outsider, Kevin O'Leary, une personnalité qui n'est pas sans rappeler Donald Trump aux États-Unis.

O'Leary est un homme d'affaires, vedette de téléréalité, né à Montréal mais qui ne parle pas vraiment français. Un comité exploratoire qu'il a mis sur pied il y a un mois lui recommande maintenant de se porter candidat. Les planètes semblent alignées. Le vent est bon, semble-t-il.

S'il décide de faire le saut, cela pourrait donner un peu de couleur à la campagne conservatrice. La personnalité très médiatique de Kevin O'Leary pourrait donner lieu à des échanges imprévus et à quelques coups d'éclat.

L'homme n'a pas la langue dans sa poche. C'est lui qui avait déjà dit qu'il ne voyait pas la nécessité d'apprendre le français pour occuper un poste de chef de parti au fédéral. Et il estime qu'il est le seul à pouvoir battre Justin Trudeau.

La grande question: prendra-t-il sa décision avant mardi prochain, date à laquelle aura lieu le troisième débat des candidats à la direction du PCC? Le débat aura lieu à Québec et se tiendra en français. L'ex-«dragon» de l'émission «Dragon's Den» préfère-t-il éviter cet exercice avant de faire le saut? Avec lui, tout semble possible.

S'il décide d'y aller, il sera le quatorzième candidat dans cette course à la direction. 

Avec les grosses prises qu'il a réalisées jeudi, le député saskatchewanais Andrew Scheer semble avoir pris une avance considérable, ne serait-ce que dans les appuis récoltés au sein du caucus conservateur. Scheer, 37 ans et père de cinq enfants, est député depuis 2004. Il a acquis sa notoriété comme président de la chambre, où il a bien fait.

Jeudi, il est en quelque sorte venu narguer Maxime Bernier et Steven Blaney, les deux Québécois déjà engagés dans la course, en présentant quatre députés québécois qui l'appuient: Luc Berthold (Mégantic-L'Érable), Pierre Paul-Hus (Charlesbourg-Haute-Saint-Charles), Alain Rayes (Richmond-Arthabaska) et Sylvie Boucher (Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d'Orléans-Charlevoix).

Maxime Bernier n'a jusqu'à maintenant l'appui que d'un député québécois, Jacques Gourde (Lévis-Lotbinière), tandis que Steven Blaney n'en a pas.

Sept des douze députés conservateurs québécois - dont les influents Gérard Deltell et Denis Lebel - n'ont toujours pas appuyé de candidat à la direction du parti.

Au Québec, le peu d'intérêt envers la désignation d'un successeur à Stephen Harper semble s'expliquer plus facilement quand on considère que selon les plus récents sondages, les intentions de vote pour les conservateurs sont en deçà de 10 % après répartition des indécis.

Mais on est encore loin de l'élection en tant que telle du nouveau chef, qui aura lieu le 27 mai. D'ici là, il y aura eu deux autres débats, d'autres appuis, peut-être des désistements. Plus de quatre mois, c'est une éternité en politique.

La seule chose dont on peut se réjouir, présentement, c'est que les figures de proue de cette course discrète sont des politiciens aguerris qui ne se situent pas dans le spectre de la droite populiste. 

Ça, c'est une tentation qui pourrait gagner bien des conservateurs, inspirés sans doute par ce qu'ils voient ailleurs.

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